Principaux renseignements
- Le Vlaams Belang recourt à une obstruction parlementaire marathon pour bloquer le pacte européen sur les migrations.
- Les nouvelles règles de l’UE privilégient les expulsions rapides via des « centres de retour » situés dans des pays tiers.
La commission des affaires intérieures de la Chambre des représentants belge a connu mardi une session marathon qui s’est prolongée toute la nuit, sous l’impulsion de l’opposition du parti Vlaams Belang au pacte européen sur les migrations. Bien que la réunion ait été brièvement suspendue pour des auditions concernant les questions de transmigration côtière, elle a repris mercredi après-midi. Aucune heure de fin n’est actuellement prévue pour ces délibérations. C’est ce que rapporte Het Nieuwsblad.
Obstruction parlementaire
Ce retard tactique, connu sous le nom d’obstruction parlementaire, a été intentionnellement initié par le Vlaams Belang afin de repousser le vote sur une directive européenne spécifique au-delà du 12 juin, date à laquelle l’accord entrera en vigueur dans toute l’Union européenne.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle manœuvre est observée au cours de la législature actuelle. Auparavant, Vincent Van Quickenborne, du parti Anders, avait pris la parole seul pendant près d’une journée entière pour protester contre l’exploitation des données dans le cadre d’enquêtes sur la fraude fiscale.
Opposition politique
Le groupe d’extrême droite a qualifié le pacte d’erreur monumentale. Barbara Pas, la chef du groupe, a critiqué le parti N-VA et la ministre Anneleen Van Bossuyt, affirmant que la N-VA était passée du statut d’alliée à celui d’exécutante silencieuse du pacte dès son entrée au gouvernement.
Pour maintenir sa présence, le Vlaams Belang a fait tourner ses vingt membres en fonction de leurs domaines d’expertise, bien que Pas et la spécialiste Francesca Van Belleghem soient restées présentes jusqu’au petit matin. La ministre Van Bossuyt et le représentant de Vooruit, Achraf El Yakhloufi, ont également participé tout au long de la nuit.
Pacte européen sur les migrations
La législation en question représente le changement de politique le plus radical de l’UE depuis des décennies, passant d’une gestion interne à une stratégie centrée sur les expulsions rapides. Sous l’effet de la pression politique et de l’inquiétude publique, le nouveau cadre vise à augmenter considérablement les taux d’expulsion.
Parmi les éléments clés de cette loi controversée figure la création de « centres de retour » dans des pays non membres de l’UE. Contrairement aux règles précédentes qui exigeaient que les migrants soient renvoyés dans leur pays d’origine, l’UE peut désormais transférer des personnes vers des pays tiers via des accords bilatéraux. Ces centres peuvent servir de lieux de résidence permanents ou de points de transit. Si les mineurs non accompagnés en sont exemptés, les familles avec enfants peuvent toujours être transférées.
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