Principaux renseignements
- Abelardo de la Espriella et Iván Cepeda s’affronteront lors du second tour des élections, le 21 juin.
- Les idéologies opposées s’affrontent entre une déréglementation agressive de droite et une équité sociale progressiste.
- Le résultat final redéfinira les relations diplomatiques et de sécurité de la Colombie avec les États-Unis.
La Colombie se dirige vers un second tour électoral le 21 juin. Ça déterminera la trajectoire politique du pays et ses relations diplomatiques avec les États-Unis. CNN rapporte ça. À l’issue du premier tour, le candidat de droite Abelardo de la Espriella s’est hissé en tête avec 43,74 pour cent des voix. Il affrontera le sénateur Iván Cepeda. Il représentait la coalition de gauche « Pacte historique » et a recueilli 40,90 pour cent des voix. Paloma Valencia, du Centre démocratique, est arrivée en troisième position avec 6,92 pour cent des voix. Il a depuis apporté son soutien à de la Espriella afin d’empêcher la poursuite d’un gouvernement de gauche.
Idéologies opposées
Les deux finalistes représentent des idéologies diamétralement opposées. De la Espriella, avocat de 47 ans et nouveau venu en politique, défend un programme de déréglementation économique, de baisses d’impôts et d’augmentation de la production pétrolière. Son approche en matière de sécurité est agressive. Ça lui vaut d’être comparé à Nayib Bukele et de refléter le style de Donald Trump. Il entend démanteler les politiques de l’administration actuelle et renforcer les alliances de sécurité avec Israël et les États-Unis.
À l’inverse, Iván Cepeda, 63 ans, cherche à préserver l’héritage du président sortant Gustavo Petro. Militant chevronné des droits de l’homme et homme politique, Cepeda met l’accent sur la réforme agraire, l’équité sociale et l’initiative de « paix totale ». Ça privilégie les accords négociés avec les groupes armés insurgés. Il considère le scrutin à venir comme un choix entre le maintien de la dynamique progressiste et le retour à une gouvernance conservatrice traditionnelle.
Un référendum sur le leadership
Cette élection fait office de référendum sur la présidence de Gustavo Petro. Alors que ses alliés saluent l’extension des filets de sécurité sociale, ses détracteurs soulignent la stagnation de la croissance économique et les défaillances dans les domaines de la santé et de la sécurité publique. La sécurité est devenue un sujet brûlant, surtout après l’assassinat du candidat Miguel Uribe Turbay à la suite d’une fusillade survenue pendant la campagne.
Si l’accord de paix historique avec les FARC a permis d’apaiser certains conflits, la montée en puissance des gangs criminels a alimenté le débat sur la question de savoir si la stratégie de Petro, fortement axée sur la négociation, a involontairement encouragé les groupes illégaux.
Influence sur les relations avec les États-Unis
Sur le plan international, le résultat influencera fortement le partenariat de la Colombie avec Washington. Sous Petro, les relations ont souvent été instables. Il y avait des différends publics avec le président Trump sur les questions de migration et de commerce. Bien qu’une visite à la Maison-Blanche en 2026 ait débouché sur des accords en matière de lutte contre le trafic de drogue, ces tensions ont mis en évidence la vulnérabilité de la Colombie face aux changements de politique des États-Unis.
Cepeda prône une politique étrangère plus autonome axée sur l’unité latino-américaine. De la Espriella plaide pour un alignement stratégique et économique plus étroit avec les États-Unis. Compte tenu du rôle de la Colombie en tant que premier producteur mondial de cocaïne, l’approche du nouveau président en matière de stupéfiants restera une préoccupation majeure pour les responsables américains. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

