Le président hongrois refuse de démissionner malgré l’ultimatum du Premier ministre Magyar


Principaux renseignements

  • Le président Tamás Sulyok a rejeté la demande de démission formulée par le Premier ministre Péter Magyar. Cette impasse constitutionnelle oppose un nouveau gouvernement réformiste à un vestige symbolique de l’ère Orbán.
  • Le pouvoir dont dispose encore Sulyok pourrait potentiellement entraver les réformes législatives prévues par le Premier ministre.

Malgré l’ultimatum lancé par le Premier ministre Peter Magyar, le président hongrois Tamás Sulyok a refusé de démissionner de ses fonctions. Magyar considère le président comme un vestige du système populiste de Viktor Orbán.

Un changement de pouvoir

Le paysage politique a considérablement changé après les élections législatives d’avril. Le parti Tisza de Magyar a obtenu une majorité écrasante. Cette victoire a mis fin de facto au long règne du parti Fidesz de Viktor Orbán. Depuis son entrée en fonction, Magyar s’est engagé à rétablir l’État de droit et à renouer des liens avec l’Union européenne, qui avait auparavant gelé des fonds en raison d’affrontements répétés avec l’administration Orbán.

Dans le cadre de son nettoyage du régime précédent, Magyar a exigé que Sulyok et d’autres responsables nommés par Orbándémissionnent. Sulyok avait jusqu’à la fin du mois de mai pour quitter ses fonctions. Cependant, il a maintenu son refus. Dans une vidéo publiée sur Facebook à l’expiration du délai, le président a fait valoir que demander la démission d’un chef d’État pour des raisons politiques était inconstitutionnel. Il a affirmé que de telles exigences sapaient l’autorité et la fonction de la présidence. Ça crée une dangereuse atteinte à l’ordre constitutionnel.

Impasse constitutionnelle

Sulyok a en outre affirmé que les cadres juridiques tant nationaux qu’européens l’obligent à rester en fonction. Il s’est dit préoccupé par le fait que les règles constitutionnelles soient traitées comme des obstacles. Tout en restant à son poste, il a souligné qu’il n’avait jamais entravé le fonctionnement du gouvernement et qu’il restait ouvert à toute collaboration avec le Parlement et l’administration.

Rôle du président Suylok

Ayant occupé les fonctions de juge et de président de la Cour constitutionnelle avant de devenir président en 2024, Sulyok occupe un rôle essentiellement symbolique. Il dispose toutefois du pouvoir de renvoyer des textes législatifs au Parlement ou de saisir la Cour constitutionnelle. Ça pourrait potentiellement ralentir les réformes prévues par Magyar. Le Premier ministre n’a pas encore réagi à la déclaration publique de Sulyok. (fc)

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