Principaux renseignements
- Les principales économies de la zone euro ont dépassé l’objectif d’inflation de 2 pour cent pendant trois mois consécutifs.
- Le conflit au Moyen-Orient alimente la hausse des coûts énergétiques et des prix à la consommation.
- La persistance de l’inflation devrait conduire la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux d’intérêt en juin.
D’après de nouvelles données publiées par les instituts de statistique européens, les quatre plus grandes économies de la zone euro ont enregistré en mai, pour le troisième mois consécutif, une inflation supérieure à l’objectif de 2 pour cent fixé par la BCE. Cette tendance est largement attribuée à la flambée des coûts du carburant résultant du conflit impliquant l’Iran, qui influence désormais un éventail plus large de prix à la consommation.
Pic de l’inflation n’a pas encore été atteint
Les hausses de prix deviennent de plus en plus évidentes dans divers pays. Le taux d’inflation de l’Italie est passé de 2,7 pour cent à 3,2 pour cent, tandis que celui de la France a augmenté de 2,5 pour cent à 2,8 pour cent. Le taux de l’Espagne est resté stable à 3,2 pour cent. En revanche, plusieurs grands Länder allemands, tels que le Bade-Wurtemberg et la Bavière, ont signalé des baisses, probablement dues aux remises sur les carburants financées par le gouvernement et mises en place pour mai et juin afin de compenser la hausse des coûts de l’essence.
Certains secteurs ressentent particulièrement la pression des coûts énergétiques. En Italie et en Espagne, on a observé des hausses notables des prix des loisirs et des transports. Parallèlement, la France a connu une hausse de 4,1 pour cent du coût des produits frais, ainsi qu’une légère augmentation des prix des services.
Perspectives de marché et volatilité des prix de l’énergie
Les analystes financiers suggèrent que le pic de cette vague inflationniste n’a peut-être pas encore été atteint. Nadia Gharbi, de Pictet Wealth Management, prévoit que les prix continueront de grimper jusqu’en août, selon que les tensions au Moyen-Orient se stabiliseront ou non d’ici juillet. Bien que le Brent soit tombé à 92 dollars après avoir atteint un pic de 118 dollars fin avril, suite aux espoirs d’une résolution diplomatique entre les États-Unis et l’Iran, les coûts restent nettement supérieurs à la moyenne d’avant-guerre de 70 dollars.
Les prochaines données complètes pour la zone euro devraient afficher une inflation globale de 3,3 pour cent et une inflation sous-jacente — qui exclut les éléments volatils tels que l’alimentation et l’énergie — de 2,4 pour cent. L’inflation sous-jacente a déjà affiché une hausse en Espagne et en Italie, atteignant respectivement 2,9 pour cent et 1,8 pour cent. Raphael Brun-Aguerre, de JPMorgan, a noté que ces indicateurs précoces suggèrent une trajectoire générale à la hausse tant pour l’inflation globale que pour l’inflation sous-jacente.
Une hausse des taux d’intérêt se profile-t-elle ?
Malgré ces pressions, certains économistes voient des signes d’un choc plus modéré. Sylvain Bersinger, de Bersingeco, a souligné que les prix à la production en France continuent de baisser, ce qui suggère que la perturbation économique actuelle pourrait ne pas être aussi grave que l’inflation déclenchée par l’invasion de l’Ukraine en 2022 ou la pandémie de COVID-19.
Néanmoins, les données actuelles pourraient renforcer l’argument en faveur d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne le mois prochain.
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