L’Espagne souhaite que l’UE accorde des milliards d’euros d’aide aux agriculteurs


Principaux renseignements

  • L’Espagne exhorte l’UE à fournir des milliards d’euros d’aide pour éviter une chute des rendements agricoles.
  • La flambée des coûts des engrais menace la sécurité alimentaire régionale à travers l’Europe.
  • Les plans d’aide nationaux comblent actuellement le vide laissé par la lenteur de la réponse de l’UE. C’est ce qu’affirme le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas.

Selon le ministre espagnol de l’Agriculture, Luis Planas, l’Union européenne doit allouer plusieurs milliards d’euros d’aide financière aux agriculteurs afin d’éviter une baisse des rendements agricoles causée par la flambée des prix des engrais. Ces coûts ont grimpé en flèche à la suite du conflit en Iran. Alors que l’Espagne a mis en place de manière proactive un plan d’aide de 500 millions d’euros pour atténuer ces pressions, Planas a fait remarquer que la Commission européenne n’avait pas encore proposé de stratégie de financement concrète pour faire face à la charge financière immédiate.

Une lacune dans la stratégie européenne

Le ministre a qualifié la stratégie actuelle de la Commission de cadre analytique solide qui, malheureusement, ne parvient pas à répondre à l’urgence de la hausse des dépenses. Il a laissé entendre que l’aide nationale espagnole comble actuellement une lacune critique laissée par le plan plus large de l’UE.

L’agriculture mondiale est actuellement confrontée à des coûts élevés en matière d’énergie et d’intrants nutritifs. Plus précisément, le coût des engrais azotés a bondi de plus de 65 pour cent depuis le début de la guerre fin février. Cette instabilité est en grande partie due au rôle du golfe Persique en tant que principal fournisseur, environ un tiers des engrais mondiaux transitant par le détroit d’Ormuz.

Pressions financières immédiates

Bien que la Commission européenne ait dévoilé en mai une proposition visant à accroître la production interne et à réduire au minimum la dépendance vis-à-vis des importations extérieures, M. Planas estime que cette approche à long terme n’empêchera pas les pertes de récoltes cette saison. Il calcule que le secteur agricole espagnol aura besoin de 760 millions d’euros supplémentaires cette année pour compenser une augmentation de 33 pour cent des coûts des engrais.

Une situation critique pour l’UE

La situation est particulièrement grave pour l’UE, car de nombreux États membres dépendent encore plus fortement des importations étrangères que l’Espagne. Actuellement, l’Espagne s’approvisionne à l’étranger pour environ 30 pour cent de son azote, 50 pour cent de sa potasse et 70 pour cent de ses phosphates.

Étant donné que l’Espagne fournit un quart des légumes frais de l’Europe et constitue une source principale de céréales, ces perturbations représentent un risque important pour la sécurité alimentaire régionale. (fc)

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