Principaux renseignements
- La France deviendra le premier pays de l’UE à intégrer les médicaments contre l’obésité dans son système d’assurance maladie obligatoire.
- Des critères stricts en matière d’IMC limitent le remboursement aux patients souffrant d’obésité sévère ou de complications associées.
- L’élargissement des droits de prescription permet à tous les médecins de prescrire ces traitements très demandés.
La France s’apprête à devenir le premier État membre de l’Union européenne à intégrer les médicaments contre l’obésité dans son système national d’assurance maladie. Selon la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans une récente interview accordée à TF1, cette nouvelle politique devrait être mise en œuvre d’ici la mi-juin.
Critères d’éligibilité stricts
Le gouvernement a accepté de prendre en charge une partie des coûts des traitements injectables à base de GLP-1, notamment le Mounjaro d’Eli Lilly et le Wegovy de Novo Nordisk. Toutefois, cette aide financière n’est pas disponible pour la perte de poids en général.
L’éligibilité est réservée aux personnes souffrant d’obésité sévère, définie comme un indice de masse corporelle (IMC) de 40 ou plus, ou à celles ayant un IMC de 35 ou plus et présentant au moins une complication de santé associée.
Payer jusqu’à 300 euros par mois
Avant cette décision, ces médicaments — disponibles sur ordonnance depuis 2024 — exigeaient que les patients paient l’intégralité du coût mensuel de 300 euros. En vertu des nouvelles directives, l’État accordera le remboursement standard de 65 pour cent pour les médicaments sur ordonnance.
Le ministre Rist a fait remarquer que la plupart des patients éligibles disposent probablement d’une assurance complémentaire, ce qui permettrait une prise en charge totale du coût du médicament.
Impact budgétaire
D’un point de vue budgétaire, l’administration prévoit que les dépenses annuelles liées à ce programme atteindront environ 100 millions d’euros une fois que le volume des prescriptions se sera stabilisé.
Cette mesure intervient dans un contexte de hausse des taux d’obésité, les données de 2024 indiquant qu’environ 18 pour cent de la population française — soit environ 10 millions de citoyens — est touchée par l’obésité. Afin d’améliorer l’accessibilité, la France a élargi les droits de prescription en juin 2025, permettant à tous les médecins, et non plus uniquement aux endocrinologues, de délivrer ces ordonnances. La demande est déjà importante, avec plus de 70 000 personnes utilisant Mounjaro en France à la fin du mois de janvier. (fc)
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