Principaux renseignements
- Il faudra au moins trois ans pour reconstituer entièrement les stocks d’armes des États-Unis.
- Les goulots d’étranglement dans la production créent un dangereux déficit de préparation dans le Pacifique occidental.
- L’administration vise à quadrupler la production d’armement de pointe afin d’atténuer les risques.
Une récente évaluation du Center for Strategic International Studies (CSIS) indique que les États-Unis devront faire face à une période de reconstitution de plusieurs années pour renflouer leurs stocks d’armes essentielles à la suite d’une offensive aérienne de 38 jours contre l’Iran. Le rapport suggère que le rétablissement de ces ressources critiques à leur niveau initial prendra au moins trois ans, ce qui pourrait laisser un déficit de préparation susceptible d’être exploité lors d’un conflit dans le Pacifique occidental. Bien que les chercheurs aient noté que les États-Unis disposaient d’un armement suffisant pour l’engagement spécifique contre l’Iran, le volume considérable de munitions utilisées a suscité des inquiétudes logistiques à long terme.
Le coût de l’opération « Epic Fury »
Au cours de l’opération baptisée « Epic Fury », le Commandement central américain a pris pour cible plus de 12 000 sites. Cette campagne a fortement épuisé les réserves d’intercepteurs Patriot et THAAD, ainsi que de missiles d’attaque terrestre Tomahawk (TLAM).
Le CSIS estime que plus de 1 000 Tomahawks ont été déployés — un chiffre qui éclipse la moyenne annuelle d’achat sur dix ans, qui est de 86 —, ce qui signifie que le réapprovisionnement complet pourrait ne pas avoir lieu avant 2031. De même, l’utilisation d’environ 290 intercepteurs THAAD pourrait ne pas être entièrement compensée avant le second semestre 2029.
Le temps est l’ennemi
Les contraintes financières ne constituent pas le principal obstacle ; le goulot d’étranglement réside plutôt dans le temps nécessaire pour augmenter la production de matériel militaire sophistiqué. Le rapport souligne que l’augmentation des capacités de fabrication prend des années, ce qui entraîne une période de vulnérabilité accrue.
Cependant, l’analyse postule que l’absence de succès récents de la Chine au combat, en référence notamment à son conflit de 1979 avec le Vietnam, pourrait servir de moyen de dissuasion pendant que les États-Unis reconstituent leur arsenal.
La Maison Blanche ne s’inquiète pas
Malgré ces conclusions, la Maison Blanche a écarté ces préoccupations. La porte-parole adjointe Anna Kelly a déclaré que les stocks actuels sont suffisants pour atteindre les objectifs stratégiques de l’administration, tout en critiquant le manque d’accès du groupe de réflexion aux données classifiées.
Elle a en outre souligné les efforts du président pour revitaliser l’armée et augmenter la production nationale.
Trump rencontre des entreprises du secteur de la défense
Pour remédier à cette pénurie, le président Trump a rencontré les dirigeants des principales entreprises de défense, notamment Lockheed Martin, Raytheon et Boeing, afin d’accélérer la production. L’administration a annoncé un plan visant à quadrupler la production d’armement de pointe.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a confirmé que, bien que la remise en état prenne plus ou moins de temps selon les systèmes, l’armée travaille déjà avec des sous-traitants pour mettre en place de nouvelles chaînes de production et de nouvelles installations afin d’accélérer les livraisons. (fc)
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