Le cours de l’or passe sous la barre des 4 400 dollars dans un contexte de tensions entre les États-Unis et l’Iran


Principaux renseignements

  • Le cours au comptant de l’or est passé sous la barre des 4 400 dollars pour la première fois depuis mars.
  • La hausse des prévisions d’inflation augmente la probabilité de hausses des taux de la Réserve fédérale.
  • Les grandes banques ont revu à la baisse leurs objectifs à long terme pour l’or, les actifs générateurs de rendement gagnant en attractivité.

Pour la première fois depuis fin mars, l’or au comptant est passé sous la barre des 4 400 dollars lors des échanges asiatiques du 28 mai. La révision à la hausse des prévisions d’inflation et la volatilité autour du détroit d’Ormuz sont à l’origine de la poursuite de la baisse observée mercredi.

Prix actuels

Jeudi, vers 11 h, le prix des contrats à terme sur l’or avec livraison en août a baissé de 1,46 pour cent, s’établissant à 4 416,46 dollars l’once. L’or au comptant a reculé de 1,34 pour cent, à 4 386,55 dollars l’once. L’argent au comptant a baissé de 1,63 pour cent pour s’établir à 73,24 dollars l’once. Les contrats à terme sur l’argent livrables en juillet ont baissé de 1,82 pour cent pour s’établir à 73,57 dollars l’once.

Volatilité des marchés due à la reprise des attaques

La baisse du métal précieux coïncide avec une intensification des tensions diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran. Alors que des rumeurs initiales laissaient entrevoir un accord potentiel, la Maison Blanche a catégoriquement rejeté comme frauduleuses les informations relayées par les médias iraniens concernant un accord de blocus maritime. Le secrétaire d’État Rubio a souligné que, bien que la voie diplomatique soit privilégiée, les États-Unis sont prêts à recourir à d’autres mesures si un accord satisfaisant reste hors de portée.

Contrairement à son rôle habituel de couverture contre l’instabilité, l’or a connu des difficultés dans le contexte des tensions entre les États-Unis et l’Iran. La volatilité dans le détroit d’Ormuz a fait grimper les coûts de l’énergie, alimentant l’inflation mondiale et obligeant les investisseurs à revoir leurs prévisions concernant l’évolution des taux d’intérêt. De plus, de nouvelles attaques ont fait grimper les prix du pétrole ces derniers jours.

Perspectives des taux d’intérêt

L’attention des marchés se concentre désormais sur les prochaines données d’inflation PCE d’avril publiées par le Bureau of Economic Analysis. Les prévisions suggèrent que l’inflation globale et l’inflation sous-jacente vont augmenter, FactSet estimant une hausse de 3,9 pour cent en glissement annuel pour l’indice PCE global et de 3,3 pour cent pour l’indice sous-jacent. De tels chiffres marqueraient les niveaux d’inflation sous-jacente les plus élevés observés depuis 2023.

Ces pressions inflationnistes ont conduit les traders à s’interroger sur la probabilité d’une baisse immédiate des taux. Selon l’outil CME FedWatch, il y a près de 50 pour cent de chances que la Réserve fédérale relève effectivement ses taux d’intérêt d’ici décembre.

Les institutions financières révisent à la baisse leurs prévisions sur l’or

En conséquence, plusieurs grandes institutions financières ont revu à la baisse leurs prévisions sur l’or. UBS a abaissé son objectif pour fin 2026 de 5 900 dollars à 5 500 dollars l’once, invoquant des taux d’intérêt réels élevés qui rendent les actifs générateurs de rendement plus attractifs que l’or, qui n’en produit pas. De même, Morgan Stanley et JPMorgan ont abaissé leurs prévisions pour 2026 à 5 200 dollars et 5 243 dollars respectivement, tandis que Citi prévoit une baisse à court terme à 4 300 dollars d’ici trois mois. (fc)

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