Principaux renseignements
- Israël a étendu ses opérations militaires dans le sud du Liban afin de neutraliser les ressources du Hezbollah.
- Les ordres d’évacuation massive ont déplacé des milliers de personnes, provoquant une crise humanitaire insoutenable.
- L’escalade de la violence menace les fragiles efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit.
De nouvelles opérations militaires israéliennes ont pris pour cible les installations du Hezbollah dans le sud du Liban, à la suite d’ordres d’évacuation à grande échelle. Dans la ville de Tyr, des images montrent des citoyens au milieu des décombres de bâtiments détruits, tandis que l’Agence nationale d’information libanaise a rapporté que les raids de jeudi matin ont provoqué des incendies et détruit des bâtiments dans la ville et ses environs.
Évacuations massives et manœuvres stratégiques
Les Forces de défense israéliennes ont récemment ordonné aux habitants situés au sud du fleuve Zahrani de se déplacer vers le nord. C’est une zone englobant environ 300 localités et 14 pour cent du territoire libanais. Cette directive, la plus importante depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a été émise après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu eut intensifié les manœuvres terrestres en réponse aux frappes de drones du Hezbollah contre des civils et des militaires israéliens.
À Tyr, l’atmosphère est passée de la défiance à la peur. Rida est un propriétaire d’un café local qui avait auparavant refusé de fuir malgré la perte de sa maison lors de raids précédents. Il a noté que le port est désormais bondé de résidents terrifiés qui emballent leurs affaires. Cependant, de nombreuses personnes déplacées n’ont aucune destination sûre. Des responsables humanitaires, dont Agnès Dhur du CICR, ont averti que la crise dans le sud atteint un seuil critique. Ainsi, ça crée des conditions insoutenables pour les non-combattants.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
La ville de Sidon étant incapable d’accueillir davantage de réfugiés, les travailleurs humanitaires conseillent aux familles de se diriger plus à l’est, vers le Mont-Liban et la vallée de la Bekaa. Pendant ce temps, la violence s’est étendue. Des frappes à Nabatieh et Choukine auraient fait quatre morts, et le Hezbollah a affirmé que ses militants avaient engagé des combats rapprochés contre les troupes israéliennes à Zawtar al-Sharqiyeh.
Les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir rompu la fragile trêve. Israël soutient que les attaques continues du Hezbollah justifient sa riposte militaire, tandis que les autorités libanaises affirment que les frappes aériennes israéliennes constituent elles-mêmes une violation de l’accord.
Tensions diplomatiques et bilan s’alourdissant
Cette instabilité menace les efforts diplomatiques menés par les États-Unis, Israël et l’Iran pour mettre fin au conflit. La guerre a débuté le 2 mars, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël à la suite du décès du guide suprême iranien. Depuis lors, le ministère libanais de la Santé fait état de plus de 3 200 morts, tandis qu’Israël confirme la mort de 23 soldats et de quatre civils. (fc)
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