Principaux renseignements
- Les établissements de santé néerlandais sont confrontés à une grave pénurie de matériel clinique.
- Les réglementations européennes strictes et l’instabilité géopolitique perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Selon les experts, les achats centralisés pourraient remplacer les contrats individuels des hôpitaux, jugés inefficaces.
Les établissements médicaux à travers les Pays-Bas sont confrontés à une pénurie croissante d’équipements cliniques, qui touche aussi bien les articles courants comme les gants chirurgicaux que le matériel sophistiqué nécessaire aux appareils d’IRM et aux opérations complexes. La gravité de cette tendance a été mise en évidence par un récent rappel d’une pièce destinée au cathétérisme cardiaque, qui a contraint environ 70 hôpitaux à suspendre les traitements cardiaques programmés et à se démener pour redistribuer les stocks restants.
Instabilité de la chaîne d’approvisionnement
Selon Mariken Zijlmans, de l’Association néerlandaise de physique clinique (NVKF), la gestion de ces pénuries est devenue un combat quotidien pour les prestataires de soins de santé. Si certains articles essentiels parviennent à destination, les irrégularités dans les livraisons sont fréquentes.
Peter van der Weide, grossiste médical, note que les cliniques se tournent de plus en plus vers des fournisseurs secondaires lorsque les canaux principaux font défaut, et prévoit que cette instabilité ne fera que s’intensifier.
Impact d’une réglementation européenne
L’un des principaux catalyseurs de ces pénuries est la mise en œuvre de normes réglementaires européennes plus strictes. Van der Weide explique que le processus coûteux et complexe de recertification des dispositifs nécessite souvent des modifications de conception, ce qui conduit les fabricants à arrêter la production de produits qui ne sont plus rentables sur le marché européen.
De plus, l’urologue Bart van Bezooijen souligne l’instabilité géopolitique, notant que les fluctuations dans la disponibilité des matières premières telles que le plastique et le carburant perturbent directement la production et le transport des produits médicaux.
Impact sur les soins aux patients
Si le grand public n’en ressent pas encore pleinement les conséquences, certaines interventions chirurgicales non urgentes sont reportées. Zijlmans mentionne que les hôpitaux ont parfois recours à des services de messagerie coûteux pour s’échanger des fournitures, bien que cela soit souvent compliqué par le manque de produits de substitution compatibles.
Van Bezooijen met en garde contre le fait que si ces pressions persistent, la qualité et la disponibilité des soins aux patients pourraient se détériorer.
Pénurie de personnel et de médicaments
La crise s’étend au-delà des équipements pour inclure des pénuries de personnel et de produits pharmaceutiques. Actuellement, les hôpitaux signalent ces déficits au Zorg Inkoop Netwerk Nederland (ZINN). Kevin Overgoor, du ZINN, suggère que le modèle d’achat décentralisé actuel — dans lequel les hôpitaux négocient des contrats individuels — est inefficace.
Il soutient que les dispositifs médicaux devraient être acquis via un système centralisé, à l’instar de la gestion des médicaments, afin de donner la priorité aux besoins de l’ensemble du réseau de santé national plutôt qu’aux intérêts individuels des établissements.
Intervention gouvernementale
En réponse, le ministère de la Santé a alloué cette année des fonds pour renforcer les chaînes de production et améliorer la résilience. Des représentants du gouvernement ont déclaré qu’ils élaboraient actuellement un cadre stratégique pour gérer les pénuries à grande échelle et évaluer l’adéquation des stocks nationaux. (fc)
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