L’or s’impose comme une monnaie alternative fiable dans un contexte d’instabilité mondiale


Principaux renseignements

  • Les autorités financières considèrent désormais l’or comme une monnaie fonctionnelle pour compenser la perte de confiance dans les systèmes monétaires fiduciaires.
  • Les banques centrales accumulent massivement de l’or pour se prémunir contre l’inflation et l’explosion de la dette publique.
  • Les métaux industriels tels que le cuivre et l’argent prennent de la valeur en tant que composants essentiels pour l’IA et les énergies vertes.

Les autorités financières mondiales considèrent de plus en plus l’or comme une monnaie fonctionnelle plutôt que comme une simple matière première. Erik Nordland, économiste en chef chez CME Group, a déclaré au Telegraaf que cette transition était motivée par une perte de confiance dans les cadres monétaires traditionnels. Plutôt que de servir de refuge temporaire en période de crise, l’or s’intègre au cœur du système financier en tant qu’alternative fiable aux monnaies fiduciaires.

Le tournant vers l’accumulation d’or

Le virage vers l’accumulation d’or s’est accéléré après la crise financière de 2008, alors que les achats d’obligations d’État et l’explosion de la dette publique érodaient la confiance dans les actifs papier. Cette tendance s’est accélérée à la suite de la pandémie de COVID-19 et de l’éclatement des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient. Alors que les banques centrales étaient principalement des vendeuses d’or entre 1982 et 2007, elles se sont depuis tournées vers l’achat d’environ 10 millions d’onces par an, à la recherche d’un actif qui ne peut être imprimé par les gouvernements pour lutter contre l’inflation.

La demande d’or ne se limite plus aux puissances traditionnelles telles que la Chine, l’Inde et les États-Unis. Des nations qui ne détenaient auparavant que peu ou pas d’or investissent désormais massivement, ce qui réduit l’offre disponible sur le marché et fait grimper les prix. Cette tendance se retrouve chez les investisseurs privés et les grands fonds de pension, qui utilisent ce métal à des fins de diversification. À Amsterdam, plaque tournante du trading pour compte propre et des teneurs de marché, l’activité a bondi alors que les courtiers et les investisseurs institutionnels recherchent la stabilité.

Une réponse à l’instabilité économique

L’instabilité économique — caractérisée par des déficits budgétaires massifs dans des pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France — a laissé aux investisseurs peu d’alternatives crédibles parmi les devises existantes. Ce contexte a poussé l’or à devenir un actif faisant l’objet d’un consensus mondial. Même le secteur des cryptomonnaies participe à cette évolution ; par exemple, Tether utilise désormais l’or pour garantir certains actifs numériques.

Au-delà de l’or, on observe un regain d’intérêt significatif pour les métaux industriels. La demande de cuivre a explosé en raison de la croissance de l’intelligence artificielle, de la construction de centres de données et de la transition vers les énergies vertes. Aux États-Unis, les importations de cuivre sont passées de 5 000 à plus de 650 000 tonnes pour répondre aux besoins en infrastructures. De même, l’argent, autrefois associé à la photographie, est devenu essentiel à la production de batteries et de panneaux solaires.

Urgence accrue sur les marchés

Le comportement du marché révèle également un sentiment d’urgence accru. On observe une forte augmentation de l’utilisation des options à court terme, qui permettent aux traders de se couvrir contre les risques liés à des événements géopolitiques soudains ou aux données sur l’inflation sur des périodes très courtes. Cela reflète une tendance plus large selon laquelle les investisseurs privilégient les actifs tangibles et la gestion immédiate des risques dans une économie mondiale de plus en plus imprévisible. (fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus