Principaux renseignements
- La Marine américaine est confrontée à une réduction significative de sa capacité de lancement de missiles Tomahawk en raison du retrait de ses sous-marins lance-missiles de classe Ohio (SSGN).
- Aucune autre classe de sous-marins ne peut rivaliser avec la puissance de feu des SSGN, ce qui laisse un vide critique dans les capacités de frappe navale jusqu’à ce que les nouveaux sous-marins de classe Virginia soient pleinement déployés.
- La Marine envisage de prolonger la durée de vie de certains SSGN afin d’atténuer cette perte de capacité jusqu’à ce que des remplaçants appropriés soient disponibles.
La Marine américaine est confrontée à un défi de taille avec le retrait imminent de ses sous-marins lance-missiles de la classe Ohio (SSGN). Ces navires spécialisés, dérivés des sous-marins lanceurs de missiles balistiques de la classe Ohio d’origine, ont servi de plates-formes cruciales pour le lancement de missiles de croisière Tomahawk. Chaque SSGN dispose de 22 tubes lance-missiles, capables de transporter sept Tomahawks par tube, ce qui donne une capacité totale impressionnante pouvant atteindre 154 missiles par sous-marin. Avec quatre SSGN actuellement en service, la Marine dispose d’un arsenal redoutable de 616 missiles Tomahawk, inégalé par aucune autre classe de sous-marins dans le monde.
Une puissance offensive décisive
Cette puissance de feu massive permet de mener des frappes écrasantes contre des cibles diverses, ce qui est particulièrement crucial dans les premières phases d’un conflit, lorsque le déploiement rapide et la précision sont primordiaux.
Cependant, l’âge et les coûts de maintenance croissants associés à ces sous-marins rendent leur retrait de service inévitable. La Marine ne dispose pas de remplaçants immédiats capables d’égaler ce niveau de puissance de feu. Le fait de combiner ce retrait avec la mise hors service des croiseurs de classe Ticonderoga aggrave encore le problème, entraînant la perte de 2 080 tubes de lancement vertical (VLS) pour les Tomahawk – une réduction substantielle de la puissance de frappe navale.
Atténuer la perte
Si la Marine reconnaît la nécessité de retirer ces navires vieillissants, leur absence laissera un vide dans ses capacités. La conséquence la plus immédiate est la perte de centaines de cellules de lancement de missiles. Aucun autre sous-marin de la flotte américaine ne peut égaler la capacité des SSGN à lancer un barrage de missiles aussi concentré à partir d’une seule plate-forme.
La Marine entend atténuer cette perte grâce aux sous-marins d’attaque de classe Virginia, en particulier les variantes Block V équipées du Virginia Payload Module, qui peuvent transporter environ 40 Tomahawks chacun. Cependant, cette capacité reste nettement inférieure à celle des SSGN. De plus, la disponibilité de ces nouveaux sous-marins ne compensera pas entièrement le retrait des SSGN avant le milieu des années 2030, créant ainsi un déficit critique en matière de capacité de frappe pendant cette période.
Prolongation de la durée de vie en service
Selon les estimations, le retrait des SSGN pourrait réduire la capacité de lancement de Tomahawk de près de 60 pour cent, même en tenant compte des améliorations futures apportées à d’autres classes de sous-marins. Consciente de cette vulnérabilité potentielle, la Marine réexamine le calendrier de retrait de certains SSGN, envisageant de prolonger leur durée de vie jusqu’à ce que des remplaçants appropriés soient disponibles. Cela souligne le rôle crucial que ces sous-marins ont joué et continuent de jouer dans le maintien des capacités de projection de puissance navale des États-Unis.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

