Principaux renseignements
- Le conflit actuel entre les États-Unis, Israël et l’Iran fait peser un fardeau financier de 25 milliards de dollars (21,5 milliards d’euros) sur les entreprises mondiales.
- La perturbation des chaînes d’approvisionnement et la flambée des prix de l’énergie obligent les entreprises à adapter leurs activités, à augmenter leurs prix et à faire face à des pertes importantes.
- Les répercussions du conflit s’étendent aux entreprises en contact direct avec les consommateurs, menaçant leurs marges bénéficiaires et risquant d’alimenter l’inflation.
Les entreprises du monde entier sont confrontées à un fardeau financier de 25 milliards de dollars (21,5 milliards d’euros), en augmentation, en raison du conflit actuel entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Cette analyse de Reuters, qui s’appuie sur les déclarations de sociétés cotées en bourse aux États-Unis, en Europe et en Asie, met en lumière les répercussions considérables de la guerre.
Perturbation des chaînes d’approvisionnement
Le conflit a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales et les marchés de l’énergie. Le blocus de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, artère énergétique vitale, a fait grimper les prix du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril, soit plus de 50 pour cent de plus qu’avant la guerre. Cette flambée des coûts énergétiques, associée à la rupture des routes commerciales, oblige les entreprises à adapter leurs activités et à se préparer à des pertes financières importantes.
De nombreux secteurs en subissent les conséquences, des compagnies aériennes aux prises avec la flambée des prix du kérosène aux fabricants d’appareils électroménagers confrontés à la hausse des coûts des matières premières. Des entreprises comme Whirlpool ont revu à la baisse leurs prévisions pour l’ensemble de l’année et suspendu leurs dividendes, tandis que d’autres ont mis en place des hausses de prix, des réductions de production et des mises en chômage partiel. Les perturbations liées au conflit s’ajoutent aux défis existants pour les entreprises qui se remettent encore de la pandémie de COVID-19 et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Hausses de prix soutenues
Les analystes préviennent que les hausses de prix soutenues induites par ces facteurs risquent d’alimenter l’inflation et d’éroder la confiance des consommateurs. À mesure que la croissance ralentit, les entreprises voient leurs marges bénéficiaires se réduire, ce qui suscite des inquiétudes quant aux perspectives économiques pour le reste de l’année.
La situation est particulièrement grave pour les compagnies aériennes, qui ont déjà absorbé près de 15 milliards de dollars (12,9 milliards d’euros) de coûts liés à la guerre en raison de la flambée des prix du kérosène. De grandes entreprises comme Toyota et P&G ont également prévu des pertes financières substantielles, soulignant l’impact généralisé du conflit.
Répercussions sur les entreprises en contact direct avec les consommateurs
Même les géants de la restauration rapide comme McDonald’s ressentent la pression, l’inflation des coûts à long terme, alimentée par les perturbations persistantes de la chaîne d’approvisionnement, affectant la demande des consommateurs à faibles revenus. Les répercussions du conflit s’étendent désormais au-delà des secteurs industriels pour toucher les entreprises en contact direct avec les consommateurs.
Alors que les bénéfices des entreprises sont restés solides au premier trimestre, les analystes prévoient que les résultats du deuxième trimestre refléteront la hausse des coûts liée à la guerre. Les entreprises des secteurs des biens de consommation discrétionnaire et de base devraient subir une pression sur leurs marges, car elles peinent à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs. (fc)
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