L’Allemagne se prépare à un ralentissement économique dans le contexte du conflit au Moyen-Orient


Principaux renseignements

  • L’économie allemande devrait connaître un ralentissement significatif au deuxième trimestre en raison du conflit en cours au Moyen-Orient.
  • La durée et l’intensité du conflit auront une forte influence sur la trajectoire économique de l’Allemagne, notamment en ce qui concerne les routes commerciales et les capacités de production.
  • Malgré un premier trimestre solide, la hausse de l’inflation et la modération des dépenses de consommation devraient peser sur l’économie allemande à l’avenir.

Le gouvernement allemand prévoit un ralentissement économique important au deuxième trimestre en raison du conflit en cours au Moyen-Orient. Les indicateurs récents vont dans ce sens. La hausse des prix, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et l’incertitude générale ont un impact tant sur les entreprises que sur les ménages.

La volatilité des marchés persiste

La volatilité des marchés devrait persister au cours des prochains mois, en particulier dans les secteurs de l’énergie, des matières premières et de la finance. La durée et l’intensité du conflit influenceront considérablement la trajectoire économique de l’Allemagne, notamment en ce qui concerne les routes commerciales et les capacités de production. Même si les tensions s’apaisent, les répercussions sur les prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement, devraient se faire sentir pendant un certain temps.

Malgré le ralentissement qui se profile, l’économie allemande a affiché des résultats étonnamment bons au premier trimestre 2026, avec une croissance du PIB de 0,3 pour cent par rapport au trimestre précédent. Cette performance s’explique principalement par l’augmentation des dépenses de consommation et des dépenses publiques. En revanche, la zone euro dans son ensemble n’a connu qu’une croissance minime de 0,1 pour cent.

Optimisme prudent de la BCE

La Banque centrale européenne (BCE) a fait part d’un optimisme prudent quant à une forte reprise économique dans la zone euro. Elle reconnaît que les perspectives économiques restent incertaines et dépendent fortement de la durée du conflit et de son impact sur l’énergie, les marchés des matières premières et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Le secteur industriel allemand, orienté vers l’exportation, est particulièrement préoccupant. Si les prises de commandes ont récemment augmenté, cela pourrait s’expliquer par des mesures préventives prises en prévision du conflit. Une reprise significative au printemps n’est pour l’instant pas en vue.

Dépenses de consommation modérées

Les dépenses de consommation devraient également rester modérées en raison de la hausse de l’inflation. Le moral des consommateurs s’est considérablement détérioré, ce qui laisse présager un recul notable de l’activité de consommation au cours du deuxième trimestre 2026. L’impact du conflit sur les prix de l’énergie a fait grimper l’inflation à 2,9 pour cent en avril, son plus haut niveau depuis janvier 2024, érodant ainsi le pouvoir d’achat.

Si la réduction temporaire des taxes sur les carburants mise en place en mai apporte un certain soulagement, la hausse du coût de l’énergie devrait rester le principal moteur de l’inflation au cours des prochains mois.

Le mois dernier, le gouvernement allemand a réduit de moitié ses prévisions de croissance économique pour 2026, les ramenant à 0,5 pour cent, avec des perspectives de rebond à 0,9 pour cent en 2027. Le gouvernement prévoit que d’importants investissements publics dans la défense et les infrastructures donneront une impulsion cruciale à la reprise économique. (fc)

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