Principaux renseignements
- Les prix à la production en Chine ont bondi de 2,8 pour cent en avril, dépassant les prévisions et enregistrant leur plus forte hausse depuis plus de trois ans.
- La hausse des prix mondiaux des matières premières, alimentée par la guerre en Iran, a alimenté l’inflation tant des prix à la production que des prix à la consommation en Chine.
- Malgré une forte croissance des exportations, la demande intérieure reste faible en Chine, ce qui incite les décideurs politiques à rester prudents.
Les prix à la production en Chine ont connu en avril leur plus forte hausse depuis plus de trois ans, atteignant 2,8 pour cent, dépassant les prévisions des économistes qui tablaient sur 1,6 pour cent. Cette flambée fait suite à une période de déflation de trois ans et a été alimentée par la hausse des prix mondiaux des matières premières, due notamment à l’impact de la guerre en Iran sur les chaînes d’approvisionnement en énergie et en matières premières via le détroit d’Ormuz.
L’inflation à la consommation augmente
L’inflation à la consommation a également dépassé les prévisions en avril, grimpant à 1,2 pour cent en glissement annuel, contre 0,9 pour cent attendu par les économistes. Cette hausse a été attribuée à la fois à la hausse des prix des matières premières et à l’augmentation des dépenses de consommation pendant les jours fériés tels que Qingming, la Fête du Travail et les vacances de printemps. L’IPC de base, qui exclut les prix volatils des denrées alimentaires et de l’énergie, a légèrement augmenté pour atteindre 1,2 pour cent.
La flambée des prix à la production a été encore alimentée par la demande accrue en puissance de calcul pour l’intelligence artificielle, entraînant une hausse des prix des équipements de fabrication de fibres et de stockage externe. Cependant, cette tendance reflationniste, bien qu’elle puisse être accueillie favorablement par le gouvernement chinois après une longue période de déflation, pourrait également exercer une pression sur les marges bénéficiaires des entreprises et freiner la consommation des ménages.
La faiblesse de la demande intérieure persiste
Malgré ces pressions inflationnistes, la demande intérieure chinoise reste faible, les ventes au détail ayant considérablement ralenti en mars et le secteur immobilier continuant de connaître des difficultés. Si la Chine a atténué une partie du choc énergétique grâce à ses réserves stratégiques de pétrole et à la diversité de ses sources d’énergie renouvelables, les économistes avertissent que ces amortisseurs ont leurs limites si la perturbation persiste.
La forte croissance des exportations chinoises en avril, qui a atteint 14,1 pour cent en glissement annuel, souligne encore davantage la résilience économique du pays malgré les défis internes. Ces bons résultats à l’exportation devraient constituer un point de discussion clé lors de la prochaine visite du président américain Donald Trump à Pékin pour un sommet des dirigeants, d’autant plus que les deux pays cherchent à stabiliser leurs relations dans un contexte de tensions commerciales et de préoccupations géopolitiques liées à Taïwan et à la guerre en Iran. (fc)
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