Principaux renseignements
- La Banque centrale d’Australie a relevé ses taux d’intérêt à 4,35 pour cent, les ramenant ainsi à leur niveau d’avant la pandémie.
- La hausse des coûts du carburant, alimentée par les conflits mondiaux, fait grimper les prévisions d’inflation.
- Trouver un équilibre entre la maîtrise de l’inflation et les préoccupations liées à la croissance économique représente un défi complexe pour les décideurs politiques.
La banque centrale australienne a relevé ses taux d’intérêt à 4,35 pour cent, marquant ainsi la troisième hausse de l’année et ramenant les coûts d’emprunt à leur niveau d’avant la pandémie. Cette décision fait suite au choc pétrolier mondial déclenché par le conflit au Moyen-Orient, qui a un impact significatif sur l’inflation.
Des prévisions d’inflation plus élevées
La Banque de réserve d’Australie prévoit que l’inflation restera supérieure à son objectif, ce qui pourrait entraîner de nouvelles hausses des taux à l’avenir. Les marchés anticipent déjà une nouvelle hausse en juin.
La flambée des coûts du carburant a conduit à une révision à la hausse des prévisions d’inflation, les estimations suggérant désormais un pic proche de 5 pour cent cette année. Cette flambée des prix du carburant affecte les coûts dans divers secteurs.
Un exercice d’équilibre délicat
Si la Banque de réserve accorde la priorité à la maîtrise de l’inflation, elle doit également relever le défi de naviguer dans un paysage économique complexe marqué par les craintes de récession, un marché immobilier volatil et un marché du travail résilient.
La gouverneure de la Banque de réserve, Michele Bullock, a reconnu que les Australiens subissaient l’impact des répercussions du conflit sur les prix, ce qui se traduisait par une baisse des revenus réels. Elle a souligné que la guerre alimentait les craintes inflationnistes et rendait plus difficile le maintien de l’équilibre économique.
Impact sur les emprunteurs
La décision de relever les taux d’intérêt n’a pas fait l’unanimité ; le Conseil de politique monétaire a voté à 8 voix contre 1. Cette hausse se traduira par des remboursements mensuels plus élevés pour les emprunteurs, effaçant les baisses de taux d’intérêt de l’année dernière.
Mme Bullock a noté que le conflit au Moyen-Orient a considérablement aggravé le dilemme entre la maîtrise de l’inflation et le soutien à la croissance économique. Elle s’est dite préoccupée par le risque d’effets de second tour, dans lesquels la hausse des coûts s’inscrirait dans les décisions relatives aux prix et aux salaires, entraînant une inflation persistante et nécessitant un resserrement supplémentaire de la politique monétaire.
« L’inflation n’est pas uniquement due aux dépenses publiques »
Le ministre des Finances, Jim Chalmers, a reconnu l’impact du conflit sur les prix des carburants, mais s’est opposé à l’idée d’attribuer l’inflation uniquement aux dépenses publiques. Il a souligné que le prochain budget mettrait l’accent sur une gestion budgétaire responsable tout en relevant les défis posés par l’inflation.
Le porte-parole de l’opposition chargé des finances, Tim Wilson, a critiqué les politiques de dépenses du gouvernement, affirmant qu’elles avaient contribué aux pressions inflationnistes avant même que la crise au Moyen-Orient ne s’aggrave. (fc)
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