Le dernier rapport sur l’inflation publié par l’office belge des statistiques Statbel confirme que le coût de la vie a fortement augmenté en raison de la guerre au Moyen-Orient. Ce conflit fait grimper les prix de l’énergie en flèche. Mais d’autres matières premières se raréfient également. Une étude menée par Milgro, spécialiste de la gestion des déchets et des matières premières, révèle que plus de la moitié des Belges en ressentent l’impact à la caisse. Même si tout le monde ne sait pas exactement ce que signifie la pénurie de matières premières.
Principaux renseignements
- L’inflation en Belgique a fortement augmenté, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient. Ce conflit fait également grimper le prix d’autres matières premières.
- Plus de la moitié des Belges ressentent l’impact de la pénurie de matières premières à la caisse, mais beaucoup de gens ne comprennent pas suffisamment ce que cela signifie exactement.
- Les consommateurs considèrent tant les entreprises que les pouvoirs publics comme des acteurs clés dans la lutte contre la pénurie de matières premières, tandis que le recyclage et les comportements plus durables prennent de plus en plus d’importance. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par Milgro et l’institut de sondage iVox auprès de 500 Belges.
Les prix à la consommation en Belgique ont augmenté de pas moins de 4,01 pour cent en avril par rapport à l’année précédente. L’inflation est ainsi plus de deux fois plus élevée qu’en mars. Personne ne sera surpris d’apprendre que la hausse des prix de l’énergie en est le principal moteur. Ainsi, le prix moyen du gaz a augmenté de 23 pour cent entre mars et avril. L’électricité a quant à elle renchéri de 5,4 pour cent au cours de la même période.
Tous les prix de l’énergie n’augmentent pas
Les Belges sont plus que conscients de l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur leur pouvoir d’achat. Cependant, d’autres facteurs contribuent également à renchérir les produits en magasin. Ainsi, les prix de certaines autres matières premières étaient déjà à la hausse avant le conflit militaire. La guerre ne fait qu’accentuer ces hausses de prix. Pensons notamment aux matières premières agricoles. L’indice Bloomberg Agriculture Spot Index suit depuis des années les prix de dix des cultures les plus vendues au monde. Ce mois-ci, cet indice augmente pour la troisième fois consécutive.
Il n’est donc pas surprenant que 45 pour cent des Belges indiquent que l’alimentation figure en tête de liste des produits dont les hausses de prix pèsent le plus, suivie par les appareils ménagers (56 pour cent), l’électronique (55 pour cent), les voitures (41 pour cent) et les piles (37 pour cent).
Peu de Belges ont conscience de ce qu’est la pénurie de matières premières
Bien que les trois quarts (76 pour cent) des Belges considèrent la pénurie de matières premières comme un problème réel, les connaissances à ce sujet restent étonnamment limitées. Seuls 38 pour cent affirment bien savoir de quoi il s’agit, tandis que plus de la moitié (55 pour cent) n’en ont jamais entendu parler ou en savent peu. Ce manque de connaissances se reflète dans la manière dont l’impact est évalué. Bien qu’une large majorité (78 pour cent) indique en ressentir déjà les conséquences, seuls 41 pour cent affirment que la pénurie de matières premières a aujourd’hui une influence directe sur leur vie quotidienne. Quatre personnes sur dix ne voient pas cet impact, et 19 pour cent n’ont pas d’avis.
« Il est pourtant important que les gens prennent conscience de ce problème », déclare Pascale Hendrickx, directrice générale de Milgro Belgique, lors d’un entretien avec notre site. « Ce n’est qu’une fois cette prise de conscience acquise qu’ils pourront adapter leur comportement. Aujourd’hui, on jette encore trop de choses. Prenons l’exemple des personnes qui achètent un nouveau smartphone chaque année. La production de ces appareils nécessite beaucoup de matières premières, ce qui contribue à perpétuer la pénurie. »
Les Belges se tournent en premier lieu vers les entreprises pour trouver une solution. Une étude de Milgro révèle que près de deux Belges sur trois (65 pour cent) estiment que les entreprises doivent jouer un rôle dans la lutte contre la pénurie de matières premières. Selon les Belges, les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer. Ainsi, 76 pour cent des Belges estiment que les pouvoirs publics doivent se montrer plus stricts envers les entreprises en matière d’utilisation des matières premières rares, et 77 pour cent soutiennent l’instauration de prix maximaux lorsque les matières premières se raréfient.
Une augmentation du recyclage due à la hausse des prix de l’énergie et des matières premières ?
Hendrickx espère que la hausse des prix des matières premières incitera davantage d’entreprises à recycler, ce qui, selon elle, est un bon moyen de lutter contre la pénurie de matières premières. « Actuellement, il est moins coûteux pour les entreprises d’importer du plastique de l’étranger, mais avec la hausse des coûts énergétiques, les frais de transport augmenteront également et il deviendra probablement moins coûteux de recycler le plastique dans le pays », explique-t-elle.
Quoi qu’il en soit, une plus grande durabilité s’impose. La Belgique atteindra son « Overshoot Day » le 11 avril. Cela signifie que si le monde entier vivait comme les Belges, toutes les matières premières que la planète peut produire en un an seraient épuisées ce jour-là. En d’autres termes, nous consommons énormément de combustibles, de nutriments, de métaux rares et d’autres matières premières naturelles qui ne peuvent plus être renouvelées.
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