Principaux renseignements
- L’OTAN considère les ambitions impérialistes de la Russie comme la principale menace, en raison de sa volonté de récupérer d’anciens territoires soviétiques.
- La Russie a déjà porté atteinte à la souveraineté d’autres pays par le passé, en recourant à des tactiques de guerre hybride et à des interventions militaires directes dans les pays voisins.
- Pour vaincre la Russie, il faut provoquer son épuisement total sur les plans militaire et économique, en tirant parti des taux de pertes élevés subis par les forces russes.
Le plus haut responsable militaire de l’OTAN, l’amiral Giuseppe Cavo Dragone, met en garde contre le fait que la principale menace russe découle de ses ambitions impériales visant à récupérer des territoires qui faisaient autrefois partie de l’Union soviétique. Cette évaluation souligne une préoccupation plus large au sein de l’OTAN concernant la volonté de Moscou de s’étendre au-delà des seuls États baltes.
Guerre hybride
L’alliance adopte une stratégie de défense globale couvrant les régions de l’Arctique, de l’Est et du Sud en réponse à cette menace perçue. Cette stratégie ne repose pas sur des spéculations, mais reflète plutôt les actions historiques de la Russie depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Moscou a constamment sapé la souveraineté de ses anciens voisins soviétiques par des tactiques de guerre hybride et des interventions militaires directes.
Parmi les exemples de ces actions, on peut citer le contrôle stratégique de la Russie sur la Biélorussie, qu’elle a de fait absorbée par le biais de l’intégration politique et dont elle a utilisé le territoire comme base de lancement pour l’invasion de l’Ukraine en 2022. De même, la Russie maintient une présence déstabilisatrice en Moldavie en stationnant des troupes dans la région séparatiste de Transnistrie. Son occupation militaire d’environ 20 pour cent du territoire géorgien à la suite de l’invasion de 2008 met encore davantage en évidence ses tendances expansionnistes.
Leçons tirées des conflits
L’amiral Dragone a également souligné les leçons militaires cruciales tirées des conflits en cours en Ukraine et en Iran. Les pays européens augmentent leurs dépenses de défense dans le but d’atteindre 5 pour cent du PIB, démontrant ainsi leur engagement à renforcer la sécurité collective. Il a souligné que pour vaincre la Russie, il fallait lui infliger un épuisement militaire et économique total. Le taux de pertes élevé subi par les forces russes en Ukraine, estimé à environ 35 000 soldats par mois, est considéré comme un facteur crucial pour affaiblir leur machine de guerre.
Alors que la ligne de front en Ukraine reste largement statique, l’immense coût humain infligé à la Russie est jugé essentiel pour affaiblir ses capacités militaires. L’OTAN reconnaît le rôle crucial que joue désormais l’Ukraine en tant que bénéficiaire et contributeur à la sécurité. Les troupes ukrainiennes partagent une expérience de combat inestimable avec les forces de l’OTAN, notamment en matière de guerre des drones et de contre-mesures, qui sont en cours d’intégration dans la doctrine de l’Alliance.
Supériorité aérienne
Par ailleurs, le conflit en Iran a mis en évidence l’importance persistante de la supériorité aérienne traditionnelle, contrastant avec la nature fortement axée sur les drones de la guerre en Ukraine. L’amiral Dragone a souligné que, bien que le développement de défenses anti-drones rentables soit crucial, les grands navires de guerre tels que les porte-avions restent des atouts puissants lorsqu’ils sont correctement protégés et déployés de manière stratégique.
L’évaluation de l’amiral Dragone rejoint les préoccupations exprimées par d’autres responsables européens concernant la menace posée par l’impérialisme russe et le risque de nouvelles invasions en Europe. Le Premier ministre polonais Donald Tusk a récemment averti qu’un membre de l’OTAN pourrait être attaqué d’ici quelques mois, exhortant l’alliance à se préparer à un tel scénario. Il a cité un incident impliquant des drones russes pénétrant dans l’espace aérien polonais comme preuve de la volonté de la Russie de provoquer et de tester la réaction de l’OTAN.
Tusk a également appelé à une plus grande autonomie européenne, encourageant les pays de l’UE à renforcer leur coopération en matière de défense et à développer de véritables capacités militaires au lieu de compter uniquement sur les engagements des États-Unis.
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