Principaux renseignements
- Les porte-avions de classe Ford de la Marine américaine sont confrontés à d’importants défis techniques, notamment des retards et des dépassements de coûts dus à des intégrations technologiques ambitieuses.
- Le mécontentement du président Donald Trump a accru la pression sur la marine pour qu’elle s’attaque à ces problèmes.
- La Marine envisage de simplifier les futurs porte-avions de classe Ford en intégrant des technologies éprouvées et en évaluant soigneusement les contraintes budgétaires.
Les tout derniers porte-avions de la marine américaine, ceux de la classe Ford, font l’objet d’une attention particulière. En proie à des retards, des dépassements de coûts et des problèmes techniques, l’avenir de ce programme ambitieux est incertain. L’ancien secrétaire à la Marine, John Phelan, a lancé une étude visant à évaluer le succès de la classe Ford par rapport à son prédécesseur, la fiable classe Nimitz.
Des défis techniques affectent le navire de tête
Le Gerald R. Ford, navire de tête de la classe, a connu une multitude de problèmes, allant de dysfonctionnements des égouts et des toilettes à des retards dans la mise en œuvre de systèmes critiques tels que le système de lancement électromagnétique d’avions (EMALS), les ascenseurs d’armes et le dispositif d’arrêt avancé. Ces problèmes ont soulevé des inquiétudes quant à la stratégie d’acquisition de la Marine, en particulier sa tentative d’intégrer simultanément de nombreuses nouvelles technologies.
Une étude
L’étude vise à identifier les enseignements tirés et à explorer d’éventuelles modifications de conception ou du processus d’acquisition. Une question clé est de savoir si la classe Ford peut surpasser la classe Nimitz en termes de capacités et d’efficacité. Par exemple, le Ford n’est actuellement pas en mesure de lancer et de récupérer des avions de chasse F-35C en raison de problèmes de compatibilité matérielle et logicielle.
Le président Donald Trump a publiquement exprimé son mécontentement à l’égard de l’EMALS, suggérant un retour aux catapultes à vapeur traditionnelles. Il a laissé entendre que des modifications non précisées seraient apportées au programme, ce qui pourrait inciter Phelan à mener une enquête plus approfondie sur les défis techniques de la classe Ford. Ces préoccupations ont également retardé la livraison du prochain porte-avions de la classe Ford, l’USS John F. Kennedy, dont l’achèvement est désormais prévu pour 2027.
Une refonte en vue ?
La Marine envisage plusieurs options, notamment la refonte de la classe Ford afin de créer un navire plus petit et moins complexe sur le plan technologique, intégrant des systèmes éprouvés tels que des catapultes à vapeur et des ascenseurs hydrauliques. Les futurs porte-avions de la classe Ford, tels que l’USS William J. Clinton et l’USS George W. Bush, n’ont pas encore fait l’objet d’une attribution de contrat, laissant ouverte la possibilité d’abandonner la conception actuelle au profit d’un plan d’acquisition plus simple.
Des contraintes budgétaires se profilent
Le budget de la Marine pour l’exercice 2027 prévoit des fonds pour la recherche et le développement concernant l’USS William J. Clinton, mais aucun pour l’USS George W. Bush. Cette disparité met en évidence la nécessité d’une prudence budgétaire et souligne l’importance d’éviter de nouveaux retards et dépassements de coûts.
Malgré ces défis, le Gerald R. Ford est actuellement déployé pour une mission prolongée dans les zones de responsabilité des Caraïbes et du Commandement central. Ce déploiement, d’une durée de 10 mois, vise à démontrer les capacités du porte-avions tout en contrant les activités iraniennes au Moyen-Orient.
L’avenir du programme de la classe Ford repose désormais entre les mains du secrétaire à la Marine par intérim, Hung Cao. Il devra évaluer avec soin les coûts, les avantages et le potentiel de ces nouveaux porte-avions tout en conciliant les priorités de la défense nationale et les contraintes budgétaires.
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