En raison des sanctions, la Russie doit remettre en service de très vieux avions An-2 datant de l’époque soviétique


Principaux renseignements

  • Confrontée à des sanctions internationales et à des revers dans sa production nationale, la Russie remet en service sa flotte vieillissante d’avions An-2 pour répondre aux besoins de transport dans les régions isolées.
  • Les préoccupations en matière de sécurité concernant l’An-2 sont éclipsées par le besoin urgent de liaisons aériennes dans les zones isolées de Russie.

Confrontée à des sanctions entravant l’accès à de nouveaux avions et à des revers dans ses projets de production nationale, la Russie remonte le temps en cherchant à redonner vie à sa flotte vieillissante d’avions An-2, surnommés « Corncobs ». L’Institut sibérien de recherche scientifique en aviation a proposé de remettre en service environ 700 de ces appareils pour répondre aux besoins en matière de transport aérien des régions russes isolées.

Accès limité aux nouveaux avions

Les sanctions ont effectivement coupé l’accès de la Russie à de nouveaux équipements, et les efforts nationaux visant à remplacer les modèles importés ont échoué. Sans liaisons aériennes, une partie importante du territoire russe reste isolée du reste du pays.

L’An-2, un petit biplan conçu dans les années 1940, a été le cheval de bataille de l’aviation soviétique et russe. Bien que des milliers d’exemplaires aient été produits dans plusieurs pays, la plupart ont été mis hors service. Actuellement, seuls 249 avions An-2 sont en service en Russie, et 276 autres appartiennent à l’organisation aéronautique bénévole du pays.

Les préoccupations en matière de sécurité passent au second plan

La Russie a suspendu le retrait de ces appareils et en a même remis certains en service. Cependant, les préoccupations en matière de sécurité concernant ces appareils vieillissants semblent passer au second plan face au besoin urgent de transport dans les régions isolées.

La remise en service de 700 avions An-2 se heurte à un obstacle majeur : la disponibilité des moteurs. Les moteurs de fabrication américaine sont inaccessibles en raison des sanctions, tandis que les moteurs TVD-10B de fabrication russe ne restent qu’un concept théorique, confrontés à des défis techniques et financiers pour la production en série.

Modèles plus récents

Les efforts visant à remplacer l’An-2 par des modèles plus récents se sont heurtés à des obstacles importants. L’avion « Baïkal », destiné à lui succéder, a connu des retards répétés dans sa certification, repoussant sa date d’homologation prévue à 2027.

Un autre projet de remplacement, le TVS-2MS, a connu un succès technique mais a manqué de financement public et a finalement abouti à l’exportation de l’avion vers la Mongolie, équipé de moteurs américains.

Cette décision de remettre en service des avions vieillissants coïncide avec la réduction par la Russie de son ambitieux programme de production aéronautique nationale. Le Kremlin visait initialement à produire des centaines d’avions de fabrication nationale pour remplacer les modèles occidentaux, mais le calendrier a été repoussé à 2035. Le plan révisé de la United Aircraft Corporation se concentre sur la production d’environ 570 avions d’ici 2035, en donnant la priorité à la production de divers modèles tels que le MS-21, le Superjet, le Tu-214 et l’Il-114-300.

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