Principaux renseignements
- La Commission européenne mettra l’accent sur des ajustements fiscaux et un réapprovisionnement coordonné des stocks de gaz afin d’atténuer l’impact économique de la crise énergétique provoquée par la guerre en Iran.
- Pour répondre aux inquiétudes croissantes concernant le kérosène, la Commission encourage les entreprises à réduire au minimum leurs déplacements en avion à titre de mesure d’urgence.
- Consciente des effets potentiels à long terme, l’UE privilégie une réponse mesurée, réservant des mesures plus drastiques à des étapes ultérieures si nécessaire.
Confrontée à une deuxième crise énergétique en quatre ans déclenchée par la guerre en Iran, la Commission européenne s’apprête à dévoiler une stratégie axée sur l’atténuation de l’impact économique. Plutôt que de mettre en œuvre des mesures drastiques telles que le plafonnement des prix ou les taxes sur les bénéfices exceptionnels utilisées en 2022 lorsque la Russie a réduit ses approvisionnements en gaz, l’approche de la Commission met l’accent sur les ajustements fiscaux et le réapprovisionnement coordonné des stocks de gaz.
Ajustements fiscaux
La proposition, qui pourrait encore faire l’objet de révisions, vise à modifier la réglementation fiscale de l’UE afin de favoriser l’électricité par rapport aux combustibles fossiles et de permettre aux gouvernements de réduire à zéro les taxes sur l’électricité industrielle. La Commission a également l’intention de coordonner les efforts des États membres pour reconstituer les réserves de gaz et de fournir des orientations sur la gestion d’éventuelles pénuries de kérosène.
La dépendance de l’Europe vis-à-vis du pétrole et du gaz importés l’a rendue vulnérable aux flambées de prix suite à la perturbation par l’Iran des voies maritimes dans le détroit d’Ormuz et aux attaques contre les infrastructures énergétiques au Moyen-Orient. Alors que les prix de référence du gaz ont considérablement augmenté depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, les principaux fournisseurs de l’UE – les États-Unis et la Norvège – sont géographiquement éloignés de la zone de conflit, ce qui atténue les pénuries immédiates de carburant. Néanmoins, les compagnies aériennes ont fait part de leurs inquiétudes quant à une pénurie imminente de kérosène d’ici quelques semaines.
Réaction limitée
La réponse mesurée de la Commission reflète la nature décentralisée de la gestion des crises au sein de l’UE, où les gouvernements nationaux conservent un contrôle important sur des outils tels que les subventions et les ajustements fiscaux. La stratégie proposée offre des recommandations non contraignantes visant à apporter un « soulagement immédiat », notamment en encourageant les entreprises à réduire au minimum les déplacements en avion.
Certains responsables suggèrent que cette approche prudente découle d’une évaluation selon laquelle le choc énergétique provoqué par la guerre pourrait persister pendant des mois. Par conséquent, il pourrait s’avérer prudent de réserver des mesures plus drastiques à un stade ultérieur. Les experts prévoient que si la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait entraîner un choc pétrolier sévère dépassant la crise de 2022, l’impact sur les prix du gaz et de l’électricité pourrait être moins prononcé en raison de la dépendance accrue de l’Europe vis-à-vis des sources d’énergie renouvelables. Les données indiquent que l’UE a produit 71 pour cent de son électricité à partir de sources à faible émission de carbone l’année dernière, soit une augmentation notable par rapport aux 60 pour cent de 2022.
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