Principaux renseignements
- La délégation américaine a fait pression sur Cuba pour qu’elle mette en œuvre des réformes cruciales allant dans le sens des intérêts américains.
- Cuba subit une pression économique immense due à l’embargo américain tout en résistant à une éventuelle intervention militaire.
- Le président Díaz-Canel s’est engagé à défendre la souveraineté de Cuba contre toute agression américaine.
Une délégation de haut rang venue des États-Unis a récemment eu des entretiens à Cuba avec des responsables gouvernementaux. Cette visite, l’une des plus importantes de ces dix dernières années, s’est déroulée alors que le gouvernement Trump intensifiait ses pressions pour contraindre Cuba à faire des concessions.
Des tensions qui s’intensifient
La visite de la délégation s’est déroulée dans un contexte de rhétorique de plus en plus agressive de la part du président Trump. Ce dernier a d’ailleurs évoqué à plusieurs reprises une possible intervention militaire contre Cuba. Parallèlement, l’île est confrontée à une profonde crise économique. Cette situation s’aggrave en outre en raison des strictes restrictions américaines, qui provoquent notamment des pénuries de carburant aiguës. Face à cette pression, le président Miguel Díaz-Canel adopte une posture de défi. Il appelle donc le peuple cubain à résister à toute forme d’agression américaine.
Au cours de la visite, la délégation du département d’État a soulevé la nécessité de réformes cruciales. Selon un responsable américain, ces mesures sont essentielles pour accroître la compétitivité de Cuba et stimuler le secteur privé. Ainsi, ces réformes s’aligneraient non seulement sur les intérêts des États-Unis, mais ouvriraient également la voie à des investissements étrangers indispensables.
Propositions de compensation
Parmi les propositions spécifiques discutées figuraient l’introduction à Cuba de l’internet par satellite Starlink d’Elon Musk et la question de l’indemnisation des citoyens et des entreprises américains dont les biens ont été confisqués pendant la Révolution cubaine – une mesure susceptible de trouver un écho auprès de la diaspora cubaine aux États-Unis.
La délégation a également fait part de ses préoccupations concernant la présence de groupes étrangers de renseignement, militaires et terroristes opérant à Cuba avec l’approbation tacite du gouvernement cubain. Elle a souligné l’importance de libérer les prisonniers politiques et d’étendre les libertés politiques à la population cubaine.
Rencontres diplomatiques
Si le responsable du Département d’État a refusé de révéler l’identité des membres de la délégation, il a toutefois confirmé une rencontre distincte entre un haut responsable et le petit-fils de Raúl Castro. Un haut responsable cubain a par la suite reconnu cette rencontre, la qualifiant de « respectueuse et professionnelle » et soulignant que la levée du blocus énergétique constituait une priorité absolue pour Cuba.
Une intervention militaire n’est pas exclue
Malgré un récent assouplissement du blocus sur le carburant, qui a permis à un pétrolier battant pavillon russe d’entrer dans les eaux cubaines, l’embargo global continue d’avoir un impact sévère sur l’économie de l’île. Le président Trump a laissé entendre à plusieurs reprises la possibilité d’une action militaire contre Cuba, établissant un parallèle avec l’intervention américaine réussie au Venezuela qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro.
En réponse à ces menaces, le président Díaz-Canel a réitéré l’engagement de Cuba à défendre sa souveraineté, s’engageant à « ouvrir le feu » sur toute future tentative d’invasion. Lui-même et d’autres responsables cubains ont signé une déclaration réaffirmant leur attachement indéfectible aux principes de la Révolution cubaine. (fc)
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