Le gouvernement va-t-il encore prendre des mesures contre la hausse des prix de l’énergie après la baisse de la note de crédit par Moody’s ?

L’agence de notation Moody’s a abaissé vendredi la note de crédit de notre pays. Cela a entraîné une légère hausse des taux d’intérêt, alourdissant ainsi la dette publique. Certains partis font désormais remarquer que ce n’est donc pas le moment opportun pour lancer des mesures de soutien. Selon la présidente de la N-VA, Valerie Van Peel, toute nouvelle aide au secteur de l’énergie est d’ores et déjà hors de question.


Principaux renseignements

  • Moody’s a abaissé la note de crédit de la Belgique, ce qui entraîne une hausse des taux d’intérêt et exerce une pression sur les finances publiques.
  • Des partis politiques tels que la N-VA estiment que ce n’est pas le bon moment pour des dépenses supplémentaires telles que des aides à l’énergie ; le gouvernement flamand exclut également toute aide pour l’instant.
  • L’organisation patronale Voka s’oppose également à des mesures de soutien coûteuses et plaide en faveur d’une économie plus forte plutôt que de dépenses publiques supplémentaires.

Contexte : Moody’s a abaissé la note de crédit de la Belgique de Aa3 à A1 en raison de préoccupations concernant les perspectives de croissance économique, la détérioration de la situation budgétaire et l’augmentation de la dette publique.

  • Une note plus faible n’est pas sans conséquences pour le gouvernement De Wever. Celui-ci voit en effet ses charges d’intérêts augmenter. Les investisseurs exigent en effet une rémunération plus élevée pour l’argent qu’ils prêtent à notre pays, car les risques ont augmenté.
    Moody’s prévoit que la dette publique passera de 104 pour cent du produit intérieur brut (PIB) en 2024 à 116 pour cent en 2030.
  • Vendredi, S&P publiera d’ailleurs la note de crédit de notre pays. L’agence de notation a déjà indiqué que la note de notre pays pourrait baisser. « Chez S&P, les perspectives de notation de la Belgique sont négatives depuis déjà 12 mois. Il n’est pas certain que la note soit abaissée, mais cette possibilité existe », a déclaré Jean Deboutte, directeur de l’Agence fédérale de la dette, dans une réaction à De Tijd.

Pas d’aide à l’énergie ?

Dans l’actualité : cette baisse de la note de crédit intervient alors même que les partis de l’Arizona négocient des mesures d’aide à l’énergie. L’objectif était de parvenir à un accord vendredi, mais ces négociations n’ont abouti à rien. « Tout le monde s’accorde à dire que des mesures doivent être prises, mais on ne s’est pas encore mis d’accord sur lesquelles », a déclaré le vice-Premier ministre David Clarinval (MR) après coup.

  • La question se pose désormais de savoir si des mesures seront encore prises après la dégradation de la note par Moody’s. Selon Van Peel, le rapport de l’agence de notation indique clairement que ce n’est pas le moment de procéder à des dépenses supplémentaires. « Il est clair que l’argent est épuisé. Le gouvernement doit s’atteler à l’élaboration d’un budget capable de résister aux chocs », a déclaré Van Peel.
  • Le gouvernement flamand ne prévoit en tout cas pas de mesures de soutien. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », a déclaré ce matin le ministre-président flamand Matthias Diependaele (N-VA). Selon lui, le gouvernement surveille toutefois de près la hausse des prix de l’énergie et pourra intervenir si cela s’avère nécessaire.
  • Une grande question demeure : comment le MR va-t-il réagir ? Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a déjà menacé à plusieurs reprises de bloquer des dossiers si aucune aide n’était accordée. Jan Jambon, ministre des Finances, n’apprécie guère les techniques de blocage des libéraux francophones. Jambon qualifie cela d’« étrange » en ces temps. « Le gouvernement doit prendre des décisions et ne pas bloquer les dossiers », a déclaré le ministre.

Les employeurs s’opposent eux aussi aux aides énergétiques

Autre point : l’organisation patronale flamande Voka rejette également les mesures d’aide énergétique « coûteuses ».

  • « La dégradation de la note de crédit de la Belgique rend notre situation budgétaire encore plus difficile qu’elle ne l’était déjà. Cela doit être un signal d’alarme pour l’Arizona », déclare Frank Beckx, administrateur délégué de Voka. « Le gouvernement fédéral ne peut pas faire disparaître le choc énergétique comme par magie. Les mesures coûteuses sont une mauvaise idée, surtout si elles devaient être payées par les entreprises. Il faut se concentrer sur une économie plus saine, capable de rivaliser avec le reste du monde. »

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