La Russie étend son interdiction d’exportation d’essence pour stabiliser l’approvisionnement national


Principaux renseignements

  • La Russie a étendu son interdiction d’exportation d’essence aux producteurs, dans le but de garantir l’approvisionnement national en carburant alors que les prix mondiaux sont en hausse.
  • Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes ont considérablement réduit la capacité d’exportation du pays, entraînant des réductions potentielles de la production.
  • La réunion de l’OPEP+ dimanche sera cruciale pour faire face aux perturbations de l’approvisionnement mondial en pétrole, alors que la Russie et l’Arabie saoudite mettent l’accent sur la collaboration.

Le gouvernement russe a élargi son interdiction d’exporter de l’essence, initialement mise en place la semaine dernière, pour inclure désormais les producteurs en plus des non-producteurs. L’interdiction restera en vigueur jusqu’au 31 juillet, des dérogations n’étant accordées que dans le cadre d’accords intergouvernementaux spécifiques, tels que celui que la Russie a conclu avec la Mongolie.

L’objectif déclaré de cette mesure est d’assurer la stabilité de l’approvisionnement national en carburant dans un contexte de flambée des prix mondiaux du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’approche de la saison des semis printaniers.

Impact sur la capacité d’exportation

Cette décision coïncide avec l’intensification des attaques ukrainiennes visant les infrastructures énergétiques russes. Des sources du secteur indiquent que ces frappes ont considérablement réduit la capacité d’exportation de la Russie, ce qui pourrait entraîner une perte quotidienne d’environ 1 million de barils.

Il convient de noter que les drones ukrainiens ont pris pour cible à plusieurs reprises des ports de la mer Baltique essentiels aux exportations de pétrole russes, provoquant des incendies importants et des panaches de fumée visibles depuis la ville voisine de Saint-Pétersbourg. Si la perte de capacité d’exportation a atteint un pic d’environ 40 pour cent en mars, elle est depuis tombée à environ 20 pour cent, ce qui reste une contrainte considérable sur la production.

Avant l’interdiction d’exportation et la recrudescence des attaques de drones ukrainiens, la Russie exportait environ 10 pour cent à 12 pour cent de sa production d’essence. Les installations de stockage étant proches de leur capacité maximale et les voies d’exportation confrontées à des limitations, les producteurs de pétrole pourraient bientôt être contraints de réduire leur production pour éviter une offre excédentaire, selon des sources du secteur.

Réunion et collaboration de l’OPEP+

Le cartel pétrolier de l’OPEP+, dont fait partie la Russie, doit se réunir dimanche pour discuter des niveaux de production en réponse à la perturbation de l’approvisionnement mondial. Lors de leur précédente réunion, le 1er mars, l’OPEP+ avait convenu d’augmenter la production de 206 000 barils par jour en avril, à la suite du conflit entre les États-Unis et Israël d’une part, et l’Iran d’autre part.

Jeudi, le président russe Vladimir Poutine s’est entretenu par téléphone avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, soulignant l’importance de la collaboration entre les membres de l’OPEP+ pour stabiliser le marché mondial du pétrole.(fc)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Plus