Principaux renseignements
- Le Pentagone cherche à étendre son accès aux bases militaires au Groenland afin de renforcer sa présence dans l’Arctique.
- S’appuyant sur un pacte de défense de 1951, les États-Unis visent à utiliser d’anciennes bases américaines pour leurs forces d’opérations spéciales et leurs capacités maritimes.
- Les inquiétudes concernant la souveraineté du Groenland s’intensifient face à cette volonté d’accroître la présence militaire américaine.
Le Pentagone cherche activement à élargir son accès aux bases militaires au Groenland. Cette initiative, menée par le général Gregory M. Guillot, chef du Commandement nord-américain, vise à renforcer la présence américaine dans la région arctique face à des préoccupations stratégiques croissantes. C’est ce que rapporte le New York Times.
Demande complexe pour le Danemark
Le général Guillot a souligné la nécessité de disposer de ports et d’aérodromes supplémentaires au Groenland lors d’une audition au Congrès. Il a insisté sur le fait que cette expansion offrirait aux États-Unis davantage d’options si celles-ci s’avéraient nécessaires dans l’Arctique.
Cette demande représente un défi complexe pour le Danemark, le Groenland étant un territoire semi-autonome sous domination danoise. La situation est encore compliquée par les tentatives passées du président Donald Trump d’acquérir le Groenland, qui ont provoqué d’importantes tensions diplomatiques.
Pacte de défense de 1951
Malgré les relations tendues entre les États-Unis et le Danemark, les responsables américains s’appuient sur un pacte de défense de 1951 pour justifier leurs projets d’expansion. Les experts suggèrent que le Danemark dispose d’un pouvoir de négociation limité pour bloquer ces avancées en raison de la portée étendue de l’accord.
Le Pentagone s’intéresse tout particulièrement à Narsarsuaq et Kangerlussuaq, d’anciennes bases américaines datant de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide. Ces sites offrent des avantages stratégiques, Narsarsuaq disposant d’un port en eau profonde et Kangerlussuaq d’une longue piste adaptée aux gros avions.
Déploiement stratégique des forces
Bien que le nombre de soldats à déployer ne soit pas divulgué, le général Guillot a indiqué que les bases accueilleraient principalement des forces d’opérations spéciales et des moyens maritimes.
La situation actuelle contraste fortement avec celle de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les États-Unis ont joué un rôle crucial dans la défense du Groenland pendant l’occupation nazie du Danemark. De nombreuses bases ont alors été établies, dont beaucoup sont restées opérationnelles tout au long de la guerre froide.
Préoccupations concernant la souveraineté
Malgré les déclarations passées du président Trump concernant l’acquisition du Groenland, le général Guillot insiste sur le fait qu’aucun nouveau traité n’est nécessaire, estimant que l’accord existant de 1951 est suffisant pour leurs projets.
Cependant, les Groenlandais s’inquiètent de plus en plus de l’impact potentiel d’une présence militaire américaine accrue. Bien que les déclarations officielles restent rares, certains habitants expriment leur malaise et leur souhait d’avoir davantage de contrôle sur leur propre territoire.
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