L’inflation dans la zone euro dépasse l’objectif de la BCE

L’inflation dans la zone euro s’accélère en raison de la guerre en Iran. Selon le dernier rapport sur l’inflation publié par l’office statistique européen Eurostat, les prix à la consommation dans l’union monétaire ont augmenté en moyenne de 2,5 pour cent ce mois-ci par rapport à l’année précédente.


Principaux renseignements

  • L’inflation dans la zone euro (en glissement annuel) est à nouveau en hausse et s’est établie à 2,5 pour cent en mars.
  • Les prix de l’énergie ont fortement augmenté en raison de la guerre en Iran, ce qui attise l’inflation. L’inflation sous-jacente, en revanche, a légèrement baissé.
  • La pression persistante sur les prix pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux d’intérêt, surtout si le conflit perdure.

À la une : L’inflation dans la zone euro augmente pour le deuxième mois consécutif.

  • En mars, l’inflation dans la zone euro s’est établie à 2,5 pour cent (en glissement annuel), contre 1,9 pour cent en février et 1,7 pour cent en janvier.
  • L’inflation sous-jacente, qui exclut les fluctuations des prix de l’énergie, des produits alimentaires non transformés et du tabac, a en revanche légèrement baissé, passant de 2,5 pour cent à 2,4 pour cent.

Impact de la guerre en Iran sur l’inflation

Zoom : La guerre en Iran fait flamber les prix de l’énergie, ce qui a un effet à la hausse sur l’inflation.

  • Ainsi, le rapport sur l’inflation d’Eurostat nous apprend que les prix de l’énergie ont augmenté de 4,9 pour cent en mars par rapport à l’année précédente. En mars, l’office des statistiques avait encore fait état d’une baisse moyenne des prix de 3,1 pour cent.
  • Entre-temps, les prix de l’énergie et des carburants continuent d’atteindre des sommets sur les marchés de gros. Un baril de Brent se vend actuellement à plus de 107 dollars, tandis que les grossistes sur le principal marché à terme néerlandais paient 53,6 euros par mégawattheure de gaz.

Qu’est-ce que cela signifie pour la BCE ?

Perspectives : Si le conflit au Moyen-Orient ne prend pas fin rapidement, la pression sur la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle intervienne va s’intensifier. Les marchés anticipent d’ores et déjà deux ou trois hausses des taux d’intérêt cette année.

  • Bert Colijn, économiste chez ING, confirme que l’institution monétaire ne se trouve plus « dans une position confortable ».
  • « Même si la crise ne semble pour l’instant avoir d’impact que sur les prix de l’énergie, ce n’est qu’une question de temps avant que nous ressentions également les répercussions de la guerre ailleurs », explique-t-il. « Mais si nous nous tournons vers l’avenir, nous ne pouvons pas considérer la hausse des prix de l’énergie isolément. On s’attend également à un risque de hausse des prix des denrées alimentaires et des biens, compte tenu des pénuries d’engrais et des problèmes plus généraux dans la chaîne d’approvisionnement résultant de la guerre. »
    • Les entreprises prennent déjà des mesures. L’économiste d’ING remarque que depuis le début de l’année 2023, on n’avait plus vu les entreprises augmenter leurs prix de manière aussi brutale.
  • « Plus la perturbation durera, plus le risque d’une hausse généralisée de l’inflation globale et de l’inflation sous-jacente sera grand. Étant donné la grande incertitude qui règne quant à l’évolution du conflit au Moyen-Orient, de nombreux scénarios restent possibles en matière d’inflation, et c’est pourquoi la BCE ferait bien de redoubler de vigilance », conclut-il.

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