Principaux renseignements
- Les deepfakes générés par l’IA et la désinformation ont un impact considérable sur la perception qu’a le public de la guerre en Iran via les réseaux sociaux.
- Différents acteurs emploient des tactiques distinctes sur les réseaux sociaux, utilisant l’humour, le montage à la hollywoodienne ou des affirmations exagérées pour influencer l’opinion publique.
- La propagation rapide de contenus non vérifiés en ligne rend difficile la distinction entre la vérité et le mensonge, érodant la confiance dans les sources médiatiques traditionnelles et alimentant l’incertitude pendant le conflit.
Les réseaux sociaux sont devenus un champ de bataille crucial dans la guerre en Iran, où abondent la désinformation et les deepfakes générés par l’IA qui influencent considérablement la perception du public. Tant les acteurs étatiques que les particuliers cherchant à tirer un profit financier des clics et des vues contribuent à ce déluge de contenus trompeurs. C’est ce qu’écrit Euronews.
L’impact de la technologie IA accessible
L’accessibilité de la technologie vidéo basée sur l’IA a entraîné une explosion de vidéos et d’images fabriquées de toutes pièces représentant des scènes de combat, des victimes civiles et des déclarations politiques, alimentant la désinformation et brouillant les frontières entre réalité et manipulation.
Les experts soulignent le poids émotionnel que ces visuels fabriqués font peser sur les populations impliquées dans le conflit, incitant les gouvernements à mettre en œuvre des mesures strictes pour contenir la propagation de la désinformation. Marc Owen Jones, spécialiste en analyse des médias à l’université Northwestern au Qatar, observe que les réseaux sociaux se sont transformés en une plateforme où s’affrontent des récits concurrents, toutes les parties les utilisant pour influencer l’opinion publique.
Tactiques concurrentes employées par différents acteurs
Il note des tactiques distinctes employées par différents acteurs : alors que le camp américain utilise un montage à la hollywoodienne et des mèmes destinés à un public d’extrême droite, l’Iran riposte souvent par des mèmes satiriques, certains exagérant ses succès militaires pour pousser les États du Golfe à s’engager dans des efforts de désescalade.
La vitesse à laquelle le contenu se propage en ligne exacerbe le défi de la vérification. Dans les conflits qui évoluent rapidement, les informations vérifiées sont souvent à la traîne, créant un vide facilement comblé par la désinformation. Cela rend les individus susceptibles de consommer de faux récits alors qu’ils cherchent des réponses immédiates au milieu de l’incertitude et de la peur.
Rumeurs virales
Au-delà des images de combat fabriquées de toutes pièces, des rumeurs virales ont également émergé, telles que des allégations infondées concernant la mort du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, basées sur ce qui semblait être des anomalies visuelles dans une vidéo publiée par son bureau. Bien que Netanyahu ait par la suite réfuté ces rumeurs à l’aide d’autres vidéos, les spéculations persistent en ligne.
La prolifération de contenus trompeurs peut provenir de campagnes coordonnées visant à manipuler l’opinion publique. Des comptes anonymes dont l’identité ne peut être vérifiée partagent fréquemment des informations fabriquées de toutes pièces et des vidéos générées par l’IA, potentiellement liées à des acteurs étatiques ou à des individus tirant profit de contenus sensationnalistes. Des robots automatisés peuvent amplifier davantage ces récits en partageant et en commentant les publications, créant ainsi une fausse impression de soutien généralisé.
Satire et interprétation erronée
Toutes les vidéos générées par l’IA ne sont pas malveillantes. Certaines ont un but satirique, parodiant des dirigeants mondiaux comme Trump et Netanyahu. Cependant, la sophistication croissante de la technologie de l’IA rend plus difficile la distinction entre la satire et le contenu authentique, ce qui peut conduire à des interprétations erronées.
L’abondance d’informations trompeuses en ligne érode la confiance dans les sources médiatiques traditionnelles. Les fausses allégations se propagent beaucoup plus rapidement que les reportages exacts, et les rectifications ne parviennent souvent pas à atteindre le même public que la désinformation initiale. Cette dynamique est exploitée par des acteurs malveillants qui capitalisent sur l’indignation et les réactions émotionnelles pour encourager le partage avant que la vérification des faits n’ait lieu.
Les experts exhortent les individus à aborder les images spectaculaires avec scepticisme, soulignant que le réalisme visuel n’est plus un indicateur fiable d’authenticité. (fc)
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