Meta et YouTube condamnés à verser 6 millions de dollars dans une affaire liée à la dépendance aux réseaux sociaux


Principaux renseignements

  • Meta et YouTube ont été tenus pour responsables d’avoir conçu des produits addictifs qui ont eu un impact négatif sur la santé mentale d’une jeune femme.
  • Le jury a estimé que les entreprises technologiques avaient fait preuve de négligence en omettant d’avertir les utilisateurs des dangers potentiels associés à leurs plateformes.
  • Ce verdict historique crée un précédent en matière de responsabilité des entreprises de réseaux sociaux quant aux conséquences de leurs choix de conception.

Un jury de Los Angeles a jugé Meta et YouTube responsables d’avoir conçu des produits addictifs qui ont causé un préjudice à une jeune femme, lui accordant 6 millions de dollars (environ 5,5 millions d’euros) de dommages-intérêts. Le jury a estimé que les entreprises technologiques avaient fait preuve de négligence et n’avaient pas fourni d’avertissements adéquats concernant les dangers potentiels de leurs plateformes.

Dépendance aux réseaux sociaux

Ce procès de six semaines a donné lieu à des témoignages de dirigeants des deux entreprises, de lanceurs d’alerte et d’experts en addiction aux réseaux sociaux. La plaignante, identifiée sous le nom de KGM, a déclaré être devenue accro à YouTube à l’âge de six ans et à Instagram à neuf ans. Cela a eu des conséquences négatives sur sa santé mentale. Ainsi, elle a attribué sa dépression, ses actes d’automutilation, ses relations tendues et ses diagnostics de dysmorphophobie et de phobie sociale à son utilisation excessive des réseaux sociaux.

Les avocats de KGM ont fait valoir que les entreprises avaient délibérément intégré des fonctionnalités addictives à leurs plateformes. Ils les ont comparées à des « chevaux de Troie ». Ainsi, elles attirent les utilisateurs avec des interfaces attrayantes. Ensuite, elles finissent par prendre le contrôle. Ils ont aussi affirmé que certaines fonctionnalités sont conçues pour prolonger l’engagement. Par exemple, le défilement infini et la lecture automatique maintiennent les utilisateurs actifs plus longtemps. Le jury a suivi cet argument. Il a estimé que la négligence des entreprises avait joué un rôle déterminant. Ainsi, elle a contribué au préjudice subi par KGM.

Responsabilité de l’industrie technologique

Ce verdict marque un moment historique pour la responsabilité dans l’industrie technologique. Il fait suite de près à une autre affaire dans laquelle Meta a été condamnée à payer 375 millions de dollars (environ 341 millions d’euros) pour avoir induit les consommateurs en erreur sur la sécurité de la plateforme et avoir facilité l’exploitation sexuelle des enfants. Meta et YouTube prévoient tous deux de faire appel de ces décisions. Ils affirment que leurs plateformes ne sont pas responsables de problèmes complexes. Par exemple, ils citent la santé mentale des adolescents.

L’affaire KGM n’est que le début d’une vague de poursuites contre les entreprises de réseaux sociaux. Ainsi, il s’agit du premier d’une vingtaine de procès « phares ». Ils visent à évaluer les réactions des jurys. De plus, ils cherchent à établir un précédent juridique. Par ailleurs, des centaines d’autres plaignants, dans des procès fédéraux, formulent des demandes similaires. Dès lors, de nouveaux procès devraient débuter prochainement.

(jw)(fc)

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