Les compagnies aériennes chinoises se bousculent à l’aéroport de Bruxelles

Au cours de sa longue histoire, l’aéroport de Bruxelles n’a jamais compté autant de vols directs vers la Chine qu’aujourd’hui. Chaque semaine, ce sont 35 vols aller-retour qui relient Bruxelles à différentes villes chinoises telles que Pékin, Shanghai et Shenzhen. Depuis mardi dernier, Air China, l’une des plus grandes compagnies aériennes au monde et la compagnie nationale de la République populaire de Chine, assure également sept vols directs par semaine au départ de Zaventem vers Pékin et trois vols par semaine vers Chengdu, la plus grande ville de la province du Sichuan, à bord d’un Airbus A330.

Pendant longtemps, Brussels Airport n’a pas bénéficié de vols directs entre Bruxelles et la Chine. Cela a changé il y a 20 ans avec l’arrivée de Hainan Airlines. En 2006, la compagnie aérienne chinoise a commencé à assurer des vols directs de Zaventem vers Pékin. Depuis lors, elle a considérablement étendu son réseau avec des vols directs vers des villes telles que Shenzhen (trois fois par semaine), Shanghai (quatre fois par semaine) et, plus récemment, Chongqing (trois fois par semaine), faisant ainsi de Hainan un pivot très important pour les liaisons entre la Belgique et la Chine.

Hainan Airlines, filiale de HNA Aviation depuis fin 2021, fait partie du groupe Liaoning Fangda et assure la plupart de ses vols vers Bruxelles avec des Airbus A330. Cette acquisition a fait suite à la restructuration de son propriétaire d’origine, le groupe HNA, à la suite de procédures de faillite.

Il y a près de deux ans, Juneyao Air a également lancé des vols directs entre l’aéroport de Bruxelles et l’aéroport international de Shanghai Pudong. La compagnie aérienne chinoise assure cette liaison avec un Boeing 787-9 Dreamliner. Fondée en 2005, Juneyao Air est une filiale de Shanghai Juneyao (Group) Co., Ltd, un grand conglomérat privé chinois. China Eastern Air Holding Company Limited est un autre actionnaire important.

Prendre l’avion pour Hong Kong

Depuis 2018, Hong Kong est desservie directement depuis Bruxelles par Cathay Pacific Airways. Après une interruption pendant la crise du coronavirus, la compagnie est revenue à Zaventem en août dernier avec quatre vols hebdomadaires, assurés par un Airbus A350-900. En tant que cofondateur, Cathay Pacific est membre de l’alliance aérienne oneworld et est ainsi partenaire, entre autres, de British Airways, Qatar Airways et American Airlines.

Air China, qui vient de se lancer, est quant à elle membre de Star Alliance, la plus grande alliance aérienne au monde, qui compte parmi ses partenaires Lufthansa, dont fait partie Brussels Airlines, mais aussi la compagnie américaine United, Thai Airways, Turkish Airlines et Singapore Airlines. Pour Brussels Airlines, l’arrivée d’Air China, partenaire de Star Alliance, présente un intérêt commercial, car les vols chinois s’intègrent au réseau européen de la compagnie belge.

Avantage concurrentiel

L’adhésion à des alliances aériennes mondiales est désormais considérée comme un atout en Europe, car depuis la guerre en Ukraine, les compagnies aériennes européennes ne sont plus autorisées à survoler la Russie pour se rendre en Asie. Les compagnies chinoises le font et bénéficient ainsi d’un avantage concurrentiel considérable en empruntant la route la plus courte vers l’Europe et vice versa.
Cela permet non seulement de réduire la durée des trajets, mais aussi de diminuer la consommation de carburant et de proposer des billets moins chers par rapport aux compagnies européennes qui doivent faire un détour. Cet avantage « déloyal » permet aux compagnies aériennes chinoises d’accroître leur part de marché, tandis que les compagnies occidentales mettent désormais 2 à 3 heures de plus pour effectuer le trajet.

Le coût plus élevé de ces opérations aériennes a notamment conduit Lufthansa à supprimer certaines liaisons asiatiques. Les détours entraînent rapidement quelques heures de trajet supplémentaires et une consommation de carburant bien plus importante. Les vols entre l’Europe et l’Asie sont désormais effectués soit par le sud, en passant notamment par la Géorgie et la mer Caspienne, soit par le nord, en passant par la région polaire. Cette dernière option n’est toutefois intéressante que pour les vols à destination du Japon.

Tout aussi remarquable est le fait que le gouvernement russe empoche beaucoup d’argent grâce au survol de son territoire par les compagnies aériennes chinoises à destination et en provenance de la Chine. Les « droits de survol » sont estimés entre 4 000 et 8 000 euros, somme que le contrôle aérien russe perçoit pour chaque vol traversant l’espace aérien russe. Ces tarifs élevés permettent de renflouer les caisses de l’État russe, mais contrairement à l’Europe, le gouvernement chinois n’y voit aucun inconvénient.

De grandes compagnies chinoises sont également actives au départ de l’aéroport d’Amsterdam-Schiphol, telles que China Southern Airlines, China Eastern, Xiamen Air, China Airlines et EVA Air, qui assure des liaisons vers et depuis Taïwan.

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