Principaux renseignements
- Les éditeurs, les entreprises technologiques et les start-ups exhortent la Commission européenne à conclure rapidement son enquête sur les pratiques de recherche de Google dans le cadre de la loi sur les marchés numériques (DMA).
- Les retards dans l’enquête nuisent aux entreprises européennes en concurrence avec Google en sapant à la fois l’autorité de la DMA et la compétitivité du marché.
- L’issue de cette affaire déterminera l’efficacité de la réglementation numérique de l’UE et sa capacité à façonner les marchés en ligne de manière proactive.
La Commission européenne fait face à une pression croissante pour finaliser son enquête sur les pratiques de recherche de Google dans le cadre de la loi sur les marchés numériques (DMA). Cette affaire est devenue un sujet central à Bruxelles, soulignant l’engagement de l’UE à réglementer les géants de la technologie.
Appels à une action rapide
Une coalition d’éditeurs européens, d’entreprises technologiques et de start-ups exhorte la Commission à accélérer la prise de décision, selon Reuters. Elle fait valoir que des retards prolongés sapent à la fois l’autorité de la DMA et la compétitivité des rivaux européens face à Google. Ce groupe, qui comprend des organisations de premier plan telles que le Conseil européen des éditeurs et l’Alliance européenne des technologies, a officiellement demandé une conclusion rapide de l’enquête, proposant une décision de non-conformité à l’encontre d’Alphabet (la société mère de Google), assortie d’une amende substantielle et d’une injonction de cessation et d’abstention.
Au cœur du litige se trouve l’allégation de l’UE selon laquelle Google Search privilégie de manière déloyale ses propres services spécialisés par rapport à ceux de ses concurrents. La Commission a ouvert une procédure formelle en mars 2024, exprimant ses préoccupations quant au traitement préférentiel accordé par Alphabet à ses offres de recherche verticale telles que Google Shopping et Google Hotels.
Alors que la Commission visait initialement à conclure la procédure dans un délai d’un an, l’affaire s’étend désormais sur une deuxième année. Malgré les conclusions préliminaires communiquées à Alphabet en mars 2025, indiquant un éventuel non-respect des règles, l’enquête se poursuit. Les groupes d’entreprises plaidant en faveur d’une action rapide soulignent que ce retard n’est pas simplement d’ordre procédural, mais qu’il porte directement préjudice aux entreprises européennes qui peinent à rivaliser avec la position dominante de Google. Ils insistent sur l’urgence de démontrer l’efficacité de la réglementation numérique de l’UE sur des marchés en ligne en constante évolution.
Défense de Google
Google réfute les allégations de favoritisme déloyal, affirmant avoir déjà mis en œuvre des changements significatifs dans son moteur de recherche en réponse aux préoccupations soulevées par la DMA. L’entreprise qualifie ces modifications de refonte majeure visant à répondre aux conclusions de la Commission, mais fait valoir que cette refonte crée une expérience utilisateur de moindre qualité pour le grand public.
L’affaire relative au moteur de recherche de Google a des implications de grande envergure qui vont bien au-delà de la question immédiate des résultats de recherche. La DMA, la législation phare de l’UE visant à réglementer les marchés numériques, a pour objectif de favoriser des environnements plus équitables et plus concurrentiels en limitant le pouvoir des « gardiens » désignés tels que Google. Les amendes pour infraction à la DMA peuvent atteindre jusqu’à 10 pour cent du chiffre d’affaires mondial d’une entreprise, et grimper jusqu’à 20 pour cent en cas de récidive. La Commission a déjà démontré sa volonté de faire respecter la DMA en infligeant des amendes à Apple et Meta en avril 2025 pour des infractions.
Test crucial pour la réglementation de l’UE
L’affaire contre Google est suivie de près, car elle constitue un test crucial de la capacité de l’UE à façonner de manière proactive les marchés numériques plutôt que de se contenter de réagir aux pratiques anticoncurrentielles après coup.
Les tensions transatlantiques entourant la réglementation des géants technologiques américains ajoutent à la complexité de la situation. La dernière offensive contre Google coïncide avec des différends plus larges entre Bruxelles et Washington concernant l’étendue de la surveillance de l’UE sur les plateformes en ligne, les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et le pouvoir de marché lié à l’IA. Pour la Commission, les retards comportent leurs propres risques : des enquêtes prolongées pourraient nuire à la crédibilité de la DMA et la présenter comme une procédure lourde plutôt que comme une mesure stratégiquement affirmée.
L’enquête sur le moteur de recherche de Google est donc devenue un moment décisif pour Bruxelles. Son issue déterminera non seulement si les résultats de recherche de Google sont conformes à la DMA, mais aussi si la Commission est capable de traduire efficacement sa législation numérique ambitieuse en décisions opportunes et applicables. Le marché attend la décision de la Commission, conscient de son importance pour façonner l’avenir de la concurrence en ligne.
(jw)(fc)
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