Principaux renseignements
- Le gouvernement des Émirats arabes unis contrôle strictement les informations relatives aux récentes attaques aériennes afin de maintenir la stabilité et d’attirer les entreprises.
- Les autorités menacent de poursuites toute personne diffusant des informations non vérifiées.
- Les influenceurs sont pressés de promouvoir le discours officiel, contrastant avec la peur et les perturbations réelles à Dubaï.
Les conséquences d’une attaque présumée de drones iraniens près du quartier financier de Dubaï, le 12 mars, ont été rapidement étouffées. Alors que des vidéos circulaient en ligne montrant les dégâts causés à une tour résidentielle dans le quartier luxueux de Creek Harbour, les autorités ont minimisé l’incident, le qualifiant d’événement mineur et refusant de fournir des détails sur la nature des attaques ou d’éventuelles victimes. Cet incident a incité les autorités à intensifier leurs efforts pour contrôler le flux d’informations concernant le conflit en cours.
Renforcement du contrôle de l’information
Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont confrontés à des attaques aériennes incessantes, qui ont fait des morts et des blessés. En réponse, les autorités ont mis en place des mesures plus strictes pour empêcher la diffusion d’images montrant les dégâts. Les touristes et les travailleurs migrants ont été pris pour cible dans cette répression, 21 personnes étant poursuivies pour cybercriminalité pour avoir partagé des vidéos de missiles, de drones interceptés, de débris et d’explosions. Un ressortissant britannique qui avait filmé des missiles survolant la ville a immédiatement reçu l’ordre de supprimer les images.
Le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif Al Shamsi, a lancé un avertissement contre la capture, la publication ou la diffusion d’images des dégâts causés par la chute de projectiles ou de débris. Il a souligné l’importance de vérifier les informations avant de les partager en raison de la prévalence de contenus trompeurs en ligne. Quiconque contredit les déclarations officielles s’expose à une peine d’emprisonnement et à de lourdes amendes. Les journalistes sont soumis aux mêmes règles et font l’objet d’une surveillance constante.
Le public est invité à se fier aux informations officielles
Malgré les alertes quotidiennes envoyées sur les appareils mobiles, la police continue d’exhorter le public à ne pas partager d’informations susceptibles de semer la panique. Elle insiste sur l’importance de se fier uniquement aux informations officielles. Parallèlement, le ministère de la Défense affirme que toutes les explosions entendues sont le résultat d’interceptions réussies par les défenses aériennes, qui auraient neutralisé 90 pour cent des missiles et drones entrants. C’est ce que rapporte Le Monde.
Le contrôle strict de l’information s’étend aux influenceurs des réseaux sociaux, qui sont devenus de fervents défenseurs du discours du gouvernement. Le renouvellement annuel de leur licence dépend de leur conformité, et ils ont commencé à reprendre la phrase « Je sais qui nous protège » à la suite de la diffusion d’une vidéo officielle par le cheikh Al Maktoum. Cependant, leur description optimiste de Dubaï contraste fortement avec la réalité sur le terrain, où la crainte de nouvelles attaques, associée à la période du ramadan, a conduit à des restaurants et des plages déserts. Les écoles ont avancé leurs vacances.
La « bataille médiatique » des Émirats arabes unis
L’importance accordée par les Émirats arabes unis au contrôle du discours médiatique reflète leur dépendance à l’égard de la stabilité pour attirer les entreprises et les touristes. La « bataille médiatique » est considérée comme aussi cruciale que le conflit militaire, selon un représentant des Émirats arabes unis. Un discours unifié du Golfe est jugé essentiel à la survie de la région.
Ces restrictions ne sont pas propres aux Émirats arabes unis. Au Qatar, plus de 300 personnes ont été arrêtées pour avoir prétendument filmé et diffusé des informations trompeuses. L’Arabie saoudite impose depuis longtemps des réglementations strictes concernant le tournage dans les installations énergétiques et les zones diplomatiques, principales cibles des attaques iraniennes. Ces contrôles ont été encore renforcés pendant la guerre. À Bahreïn, quatre personnes ont été arrêtées pour avoir filmé et partagé des images des attaques iraniennes et diffusé des informations prétendument fausses.
L’Iran et Israël mettent en place des contrôles plus stricts
L’Iran a imposé des restrictions encore plus sévères, la plupart des journalistes, y compris ceux des médias internationaux, se voyant refuser des visas. L’accès aux témoignages oculaires est entravé par des coupures d’Internet. Israël a également durci ses règles, interdisant la diffusion d’images montrant des systèmes de défense aérienne interceptant des missiles, alors qu’il autorisait initialement ce type de séquences. Il reste interdit de filmer les dégâts à proximité des sites de sécurité, bien que la couverture des dommages civils soit autorisée si les emplacements exacts ne sont pas divulgués.
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