Principaux renseignements
- La nouvelle loi chinoise donne la priorité à l’assimilation des minorités ethniques à la culture chinoise han.
- Cette législation restreint davantage les langues minoritaires, encourage les mariages mixtes et impose la loyauté envers le Parti communiste.
- Les détracteurs craignent que cette loi n’accélère l’érosion de la diversité culturelle et des droits des minorités en Chine.
Le gouvernement chinois est depuis longtemps accusé de mettre en œuvre des politiques répressives visant à assimiler les minorités ethniques à la culture dominante han. Une nouvelle loi, qui devrait être approuvée lors de la session parlementaire de cette semaine, est sur le point de faire avancer ce programme, suscitant des inquiétudes parmi les universitaires et les militants des droits de l’homme quant à l’érosion des droits des minorités. C’est ce qu’ils font savoir à la BBC.
Justification du gouvernement
Alors que le gouvernement présente cette loi comme essentielle pour promouvoir « la modernisation par une plus grande unité », ses détracteurs y voient un outil de suppression de la diversité culturelle. La législation réduit le statut des langues minoritaires au profit du mandarin, encourage les mariages mixtes entre Chinois Han et autres ethnies, oblige les parents à inculquer l’amour du Parti communiste à leurs enfants et interdit de manière générale tout acte jugé préjudiciable à « l’unité ethnique ».
Cette loi codifie ce qui a été la pierre angulaire du règne de Xi Jinping : la « sinisation » de la religion, qui exige que les pratiques religieuses se conforment à ce que le Parti communiste considère comme la culture et les valeurs chinoises.
Préoccupations relatives aux violations des droits de l’homme
La Chine reconnaît 55 minorités ethniques officielles, les préoccupations relatives aux violations des droits de l’homme étant les plus vives au Xinjiang, où vivent les Ouïghours et d’autres minorités turques, et au Tibet.
Au lieu d’accorder l’autonomie pour apaiser les groupes minoritaires, le Parti communiste s’appuie fortement sur la peur et les représailles pour réprimer la dissidence.
Soulèvements passés
Les soulèvements passés, tels que les manifestations des moines tibétains à Lhassa en 2008 et les affrontements ouïghours à Urumqi en 2009, ont été réprimés avec brutalité.
Le gouvernement justifie ces actions comme des réponses nécessaires à des insurrections violentes, mais l’ONU et les groupes de défense des droits humains affirment que plus d’un million d’Ouïghours ont été détenus de force dans des camps de « rééducation ». Les pratiques religieuses ouïghoures ont été restreintes et les mosquées fermées.
Contrôle
Au Tibet, les monastères, autrefois centres du pouvoir, sont désormais soumis à un contrôle strict. Les enfants de moins de 18 ans sont tenus d’apprendre le mandarin dans les écoles publiques et n’ont pas le droit d’étudier les textes bouddhistes.
Ces dernières années ont été marquées par des bouleversements suite aux restrictions imposées par le gouvernement sur l’enseignement de la langue mongole en Mongolie intérieure et à la démolition des mosquées musulmanes hui dans le Ningxia.
Contrôle gouvernemental
Selon les analystes, la nouvelle loi pourrait être une réponse à ces efforts potentiels de déstabilisation. Elle permet au gouvernement d’exercer un contrôle plus strict sur les régions critiques pour le commerce et la sécurité des frontières.
Mao Zedong, fondateur de la Chine, a déclaré que si certaines minorités, comme les Ouïghours, sont nombreuses, elles sont éclipsées par la population han, qui représente plus de 90 pour cent des citoyens chinois.
Cependant, ces groupes minoritaires habitent de vastes régions frontalières riches en ressources et possèdent des cultures, des langues et des écritures distinctes. Ils ont historiquement résisté au contrôle de Pékin, les communautés en exil continuant à critiquer ouvertement le régime.
Faciliter les politiques d’assimilation
La nouvelle loi permet aux fonctionnaires de mettre en œuvre plus facilement les politiques existantes, renforçant ainsi la volonté du gouvernement de favoriser l’assimilation.
Depuis des années, le gouvernement encourage la migration des Chinois Han vers le Tibet et le Xinjiang, ce qui a entraîné un afflux important de la culture Han dans ces régions. Les incitations financières en faveur des mariages interethniques, en particulier entre les Ouïghours et les Chinois Han, sont considérées comme des tentatives d’absorption des groupes minoritaires dans la culture majoritaire.
Réprimer la dissidence
La loi décourage toute ingérence dans la liberté matrimoniale fondée sur l’ethnicité ou la religion, réprimant ainsi efficacement la dissidence des personnalités religieuses qui pourraient s’opposer aux mariages interethniques.
Critiquer la politique du gouvernement peut conduire à l’emprisonnement, ce qui rend difficile d’évaluer les sentiments des Ouïghours, des Tibétains et des Mongols vivant dans leurs terres ancestrales.
Défense et critiques à l’étranger
Des groupes de défense à l’étranger ont tiré la sonnette d’alarme, soulignant l’impact de la loi sur l’enseignement des langues minoritaires et son rôle dans la campagne d’assimilation en cours.
Le Parti communiste reconnaît que la loi vise à assimiler les minorités ethniques, arguant que cela est bénéfique pour l’unité nationale et le développement.
Cependant, les détracteurs affirment que la loi impose une identité chinoise han homogénéisée à des cultures diverses, supprimant leurs traditions et leurs langues uniques. (fc)
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