L’Agence internationale de l’énergie met en garde contre le retour de l’Europe au gaz russe


Principaux renseignements

  • L’Europe devrait éviter de revenir au gaz russe en raison des risques économiques et politiques potentiels.
  • La forte augmentation de l’offre mondiale de gaz naturel liquéfié constitue une alternative viable au gaz russe.
  • L’Union européenne est confrontée à un défi complexe pour atténuer la flambée des prix de l’énergie, sans solution facile en vue.

Le paysage énergétique mondial actuel a suscité un débat sur la dépendance future de l’Europe vis-à-vis du gaz russe. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, met en garde contre un retour à la Russie comme fournisseur de gaz, soulignant les pièges économiques et politiques potentiels. Il pointe du doigt la hausse imminente de l’offre mondiale de gaz naturel liquéfié (GNL) comme une alternative viable. Les commentaires de M. Birol font suite à une réunion avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et les commissaires européens, axée sur la question de la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie.

À la recherche d’alternatives

L’Union européenne est soumise à une pression croissante pour atténuer la flambée des prix de l’énergie. Les industries et les gouvernements réclament une intervention. Mme von der Leyen s’est engagée à présenter aux dirigeants de l’UE une série d’options lors d’un prochain sommet. M. Birol souligne l’erreur historique commise par l’Europe en dépendant excessivement de la Russie pour son approvisionnement énergétique, une vulnérabilité qui est aujourd’hui particulièrement évidente.

Parmi les solutions envisagées par la Commission figurent la réduction des taxes et des droits de douane qui contribuent à l’augmentation des factures énergétiques et l’autorisation pour les gouvernements d’utiliser davantage les aides d’État pour soutenir les industries à forte consommation d’énergie. Cependant, les responsables et les analystes reconnaissent l’absence de solution rapide, les gouvernements de l’UE étant divisés sur la meilleure ligne de conduite à adopter.

Impact mondial

La dépendance de l’Europe à l’égard des importations de pétrole et de gaz rend le continent vulnérable aux fluctuations mondiales des prix, qui se sont accentuées cette semaine en raison de l’escalade de la crise iranienne. Si les pays membres de l’AIE n’envisagent pas pour l’instant de procéder à une libération collective des stocks de pétrole en réponse au conflit au Moyen-Orient, M. Birol précise que toutes les options restent ouvertes. Les membres de l’AIE sont tenus de maintenir des réserves de pétrole suffisantes pour couvrir 90 jours de consommation, disponibles en cas d’urgence. Une telle libération nécessiterait un accord collectif entre les gouvernements, qui jugeraient que les conditions du marché justifient une intervention. M. Birol confirme que ce seuil n’a pas encore été atteint.

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus