Président polonais souhaite débloquer des fonds via la banque centrale pour moderniser l’armée


Principaux renseignements

  • Le président polonais propose de recourir à la Banque nationale de Pologne pour financer la modernisation militaire au lieu des prêts SAFE de l’UE.
  • Le plan de Nawrocki vise à éviter l’endettement à long terme, le risque de change et les conditions politiques potentielles imposées par Bruxelles.
  • Cette initiative met en évidence les inquiétudes concernant le parti pris potentiel du programme SAFE en faveur des entreprises de défense d’Europe occidentale et les restrictions imposées à la participation des pays non membres de l’UE.

Le président polonais, Karol Nawrocki, a proposé une alternative à l’utilisation du programme SAFE (Security Action for Europe) de l’UE, d’un montant de 150 milliards d’euros, pour financer la modernisation militaire du pays. Cette initiative intervient dans le cadre d’un différend politique avec le gouvernement du Premier ministre Donald Tusk concernant les prêts SAFE d’un montant de près de 44 milliards d’euros destinés aux forces armées polonaises.

Inquiétudes concernant les prêts SAFE

Nawrocki préconise de recourir à la Banque nationale de Pologne (NBP) plutôt qu’aux prêts SAFE, invoquant des inquiétudes concernant la dette à long terme, le risque de change et les conditions politiques potentielles imposées par Bruxelles. Il affirme que sa proposition offre une alternative sûre et souveraine, sans intérêt financier.

La proposition du président consiste à travailler avec la NBP pour obtenir 185 milliards de zlotys (environ 44 milliards d’euros), soit le montant que la Pologne a l’intention d’emprunter dans le cadre du programme SAFE. Nawrocki et le parti d’opposition Droit et Justice, qui le soutient, craignent que les contrats SAFE ne profitent de manière disproportionnée aux entreprises de défense d’Europe occidentale, tandis que le gouvernement affirme que 80 pour cent des fonds resteront en Pologne.

Relations tendues avec les États-Unis

En outre, certains s’inquiètent de la détérioration des relations avec les États-Unis, principal allié et fournisseur d’armes de la Pologne, en raison des dispositions du programme SAFE limitant la participation des pays non membres de l’UE. Nawrocki souligne l’efficacité des équipements américains, citant comme preuve les récentes opérations militaires.

L’annonce de Nawrocki fait suite à l’adoption par le Parlement d’une loi définissant l’allocation des fonds SAFE. Cependant, son veto potentiel pourrait empêcher le gouvernement de passer outre cette décision. Malgré cela, le gouvernement insiste sur le fait que l’accès au financement de l’UE serait toujours possible, même en cas de veto présidentiel.

Flexibilité et financement

Nawrocki souligne les conditions liées au financement SAFE, arguant que sa proposition offre une plus grande flexibilité aux forces armées polonaises dans le choix de leurs équipements. Le président de la NBP, Adam Glapiński, a laissé entendre qu’il utiliserait les bénéfices annuels de la banque pour cette initiative, bien que la loi polonaise limite la capacité de la banque centrale à financer directement les dépenses budgétaires.

Le ministre de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, défend le SAFE avec une publication sur X. Il affirme qu’il s’agit du financement le plus rapide et le plus concret pour moderniser l’armée polonaise. Il se félicite des instruments de financement supplémentaires pour les forces armées, mais les considère comme complémentaires au SAFE et non comme des substituts.

(jw)(fc)

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