Principaux renseignements
- En 2025, l’assureur cyber Stoïk a reçu 2,5 fois plus de demandes d’indemnisation qu’en 2025.
- Les cybercriminels ne se contentent plus de crypter les systèmes. Grâce à la « double extorsion », ils exigent non seulement une rançon, mais menacent également de divulguer les données volées.
- Près de six signalements sur dix concernent des fraudes par e-mail, telles que le phishing et la fraude à la facture.
Le nombre de cyberincidents enregistrés dans les entreprises européennes a fortement augmenté au cours de l’année écoulée. C’est ce qui ressort du dernier rapport sur les sinistres publié par l’assureur cyber Stoïk. En 2025, l’entreprise a reçu 2,5 fois plus de demandes d’indemnisation qu’en 2024.
Pour la troisième fois, Stoïk publie son analyse annuelle des cyberincidents chez ses clients. L’équipe interne CERT (Computer Emergency Response Team) a examiné près de 1 000 incidents en France, en Allemagne, en Autriche et en Espagne, entre autres.
Ransomware
Non seulement le nombre de signalements a augmenté, mais la gravité de certaines attaques s’accroît également. Selon le rapport, le ransomware continue notamment de gagner du terrain. Avec en moyenne un signalement par semaine, cette forme de cybercriminalité reste relativement rare. Elle cause toutefois des dommages financiers colossaux.
En 2025, les attaques par ransomware ont eu un impact 60 pour cent plus important que l’année précédente. Cet impact est mesuré en fonction du nombre d’heures nécessaires pour traiter entièrement un incident. En outre, les cybercriminels diversifient également leurs attaques. Ils ne se limitent plus à crypter les systèmes. Dans le cadre de ce que l’on appelle le « double chantage », ils exigent non seulement une rançon pour libérer les systèmes, mais menacent également de rendre publiques les données volées.
Courriel
Selon le rapport, la plupart des incidents sont toujours liés à la messagerie électronique. Près de six signalements sur dix concernent des fraudes par e-mail, telles que le phishing et la fraude à la facture. Il est frappant de constater que 10 pour cent des entreprises touchées sont à nouveau victimes de fraudes par e-mail dans l’année qui suit.
Selon Stef Vermeulen, directeur national de Stoïk Belgique, l’intelligence artificielle joue un rôle de plus en plus important à cet égard. « Les modèles d’IA intqui imitent les voix parviennent de mieux en mieux à saisir les accents et les nuances locaux. Les communications écrites contiennent également de moins en moins d’erreurs. Nous constatons en outre une forte augmentation de la fraude à la facturation basée sur l’IA », explique Vermeulen.
L’IA a fait son apparition dans la cybercriminalité dès 2024. Mais en 2025, son utilisation s’est « industrialisée », selon le rapport. Les criminels utilisent l’IA pour générer des e-mails, des voix et même des communications personnalisées en temps réel crédibles, ce qui permet de tromper plus facilement les employés.
Accès via des logiciels courants
Selon le rapport, les cybercriminels accèdent de plus en plus souvent au réseau de l’entreprise via des applications en apparence inoffensives. Les programmes permettant de modifier des fichiers PDF ou les extensions de navigateur sont souvent à l’origine d’un incident. À l’aide de l’IA, les pirates publient en masse de faux programmes sur des sites web d’apparence professionnelle. Quiconque installe un tel outil leur donne alors inconsciemment accès au réseau de l’entreprise.
Selon Vermeulen, les PME en particulier ne prennent pas suffisamment de mesures pour limiter ce que les employés peuvent installer sur leur appareil. « Dans les grandes entreprises, ces restrictions sont généralement intégrées, mais dans les petites entreprises, elles sont encore trop souvent négligées. »
Périodes chargées
Le rapport fait également état de pics évidents tout au long de l’année. Mars, juillet, août, octobre et novembre s’avèrent être les mois les plus chargés en matière de cyberincidents. Selon Stoïck, les périodes de vacances, la reprise après les congés et la clôture des exercices comptables créent des vulnérabilités supplémentaires.
Selon l’entreprise, les cybercriminels exploitent les faiblesses et les moments de baisse de vigilance. « Trop d’entreprises considèrent encore les mesures de sécurité comme une étape supplémentaire fastidieuse, mais 80 pour cent des piratages pourraient être évités grâce à une authentification à deux facteurs, par exemple », ajoute Vermeulen.
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