Principaux renseignements
- Les États membres de l’UE ont adopté des restrictions de voyage pour les diplomates russes au sein de l’Union en raison de soupçons d’espionnage et d’activités de sabotage.
- L’expérience de la République tchèque, où des diplomates russes ont profité de leur couverture diplomatique pour franchir les frontières de son territoire, est à l’origine de la proposition de ces restrictions.
- La Hongrie était initialement opposée au paquet de sanctions, mais a ensuite retiré son opposition.
Les inquiétudes suscitées par les soupçons d’espionnage et de sabotage de la part de la Russie ont incité les États membres de l’Union européenne à adopter de nouvelles restrictions de voyage pour les diplomates russes au sein de l’Union. Cette décision, qui s’inscrit dans le cadre d’un vaste train de sanctions visant l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, exige que les diplomates russes en poste dans les capitales de l’UE informent leur gouvernement d’accueil avant de voyager en dehors de leur pays d’affectation. C’est ce que rapporte le Financial Times.
Limites
Cette mesure découle d’une augmentation des opérations de sabotage présumées attribuées à la Russie par les agences de renseignement européennes. Ces opérations comprennent des actes tels que des incendies criminels, des cyberattaques, des incursions de drones et des dommages aux infrastructures. Les responsables de la sécurité de l’UE soulignent que les agents de renseignement russes profitent souvent d’une couverture diplomatique pour mener des activités transfrontalières, ce qui rend leur surveillance difficile une fois qu’ils ont quitté leur pays d’accueil.
La République tchèque, qui a initialement proposé ces restrictions de mouvement en 2023, est un cas d’espèce. Alors que plusieurs diplomates russes accusés d’espionnage ont été expulsés du pays, beaucoup sont restés accrédités dans l’Autriche voisine, ce qui leur a permis de franchir librement la frontière avec la République tchèque. Le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavský a souligné que les diplomates russes ne devaient pas bénéficier d’un accès illimité à la zone frontalière ouverte de l’UE, déclarant : « Il n’y a pas de « Schengen pour la Russie » ».
Hongrie retire son opposition
Initialement opposée à ces restrictions, la Hongrie a retiré ses objections, ouvrant ainsi la voie à leur inclusion dans le prochain train de sanctions de l’UE. Toutefois, le 19e train de sanctions risque d’être retardé en raison de désaccords concernant la banque autrichienne Raiffeisen International. La banque demande une compensation pour les dommages payés par les tribunaux russes et Vienne propose de débloquer environ 2 milliards d’euros d’actifs précédemment liés au magnat Oleg Deripaska sanctionné à cette fin.
Cette proposition a suscité des inquiétudes chez au moins une douzaine de diplomates de l’UE, qui craignent qu’elle ne compromette l’accord plus large sur les sanctions. De nouvelles discussions sur les sanctions devraient avoir lieu mercredi.
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