La France enquête sur les pratiques de paiement de Nissan envers ses fournisseurs


Principaux renseignements

  • Le gouvernement français enquête sur les pratiques de paiement de Nissan Europe avec ses fournisseurs afin de s’assurer de leur conformité avec les réglementations exigeant des paiements dans les délais impartis.
  • Cette enquête pourrait conduire à des amendes pour Nissan si des violations sont découvertes, la France ayant intensifié ses efforts pour lutter contre les retards de paiement entre les entreprises.
  • L’enquête s’ajoute aux récents défis de Nissan, notamment un incident antérieur au Japon où l’entreprise avait sous-payé ses fournisseurs.

Le gouvernement français enquête sur les activités européennes de Nissan afin de s’assurer que les fournisseurs sont payés à temps. Reuters rapporte, sur la base de correspondances consultées, que l’enquête porte sur les documents financiers de Nissan Automotive Europe pour l’année 2024.

Autre examen

Les autorités ont informé Nissan de cet examen en août et inspecteront son siège régional près de Paris en octobre. Même si Nissan n’a pas encore commis d’acte répréhensible, les autorités pourraient infliger des amendes au constructeur automobile si elles découvrent des violations. La législation française impose aux entreprises de régler les factures de leurs fournisseurs dans un délai de 60 jours, sous peine de se voir infliger des pénalités.

Cette surveillance intervient alors que Nissan met en œuvre une stratégie globale de redressement visant à réduire les coûts et à renouer avec la rentabilité. En juin dernier, Reuters a rapporté que Nissan avait offert à certains fournisseurs européens la possibilité de recevoir des paiements plus élevés en échange de l’acceptation de délais de paiement plus longs.

Motivation peu claire

Si demander des délais de paiement est une pratique courante pour gérer la trésorerie, on ne sait pas exactement ce qui a poussé les autorités de régulation françaises à enquêter sur les agissements de Nissan. Dans un communiqué, Nissan a confirmé avoir reçu une demande d’informations concernant les paiements des fournisseurs de la part de son siège européen, mais a refusé de donner plus de détails. La société a souligné qu’elle coopérait pleinement avec les autorités et qu’elle était prête à fournir les informations nécessaires.

La France a intensifié ses efforts pour lutter contre les retards de paiement entre entreprises. Au cours du premier semestre 2025, la direction de la concurrence a mené des inspections auprès de 409 entreprises et a constaté des infractions dans près de 40 pour cent d’entre elles, ce qui a donné lieu à des amendes d’un montant d’environ 47 millions d’euros. Cela représente une augmentation significative par rapport aux chiffres de l’année précédente.

Ajouter aux défis de Nissan

Cette enquête vient s’ajouter aux défis récents de Nissan. L’année dernière, les régulateurs japonais ont découvert des cas où Nissan avait sous-payé des dizaines de fournisseurs d’un montant substantiel. Nissan a corrigé le problème avant la publication de l’enquête, et les régulateurs ont recommandé à Nissan d’améliorer la surveillance de ses paiements aux fournisseurs.

Les retards de paiement peuvent avoir de graves répercussions sur les petites entreprises, augmentant le risque de perte d’emplois, voire de faillite. La Commission européenne souligne qu’environ un quart des faillites dans l’UE sont liées à des retards de paiement. Les États membres de l’UE doivent faire respecter les réglementations qui exigent que les entreprises paient leurs fournisseurs dans un délai de 60 jours, sauf si elles conviennent explicitement d’autres conditions jugées équitables. (jv)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici!

Plus