93 ex-policiers alertent face à ‘la situation gravissime de la France en matière de sécurité et de tranquillité publique’

Les ex-policiers évoquent notamment le meurtre du brigadier Eric Masson, le 5 mai dernier, à Avignon. (Patrick Aventurier/ABACAPRESS.COM)

Dans une lettre adressée aux plus hauts responsables français, 93 anciens fonctionnaires de police alertent face à l’insécurité qui, selon eux, rongent leur pays. Une pétition liée à cette lettre a déjà récolté des milliers de signatures.

Après la lettre d’anciens militaires et celle de soldats en services – mais anonymes – récemment publiées sur le site de Valeurs Actuelles, c’est au tour d’ex-policiers de s’adresser aux autorités françaises. 93 d’entre eux ont cosigné une missive adressée au Président, aux ministres et aux parlementaires, afin de ‘tout mettre en œuvre pour mettre fin à la situation gravissime que traverse la France en matière de sécurité et de tranquillité publique’.

Dans leur lettre, ces anciens fonctionnaires de police dressent un constat similaire à celui établi par les (ex-)militaires. Selon eux, ‘l’autorité de l’État est battue en brèche par des minorités violentes’. ‘Les lois ne sont plus appliquées dans les territoires perdus de la République’, ajoutent-ils.

Les signataires de la lettre évoquent notamment les récentes attaques envers les forces de l’ordre, dont le meurtre du brigadier Eric Masson le 5 mai dernier à Avignon. Afin de lutter contre ‘le communautarisme’ qui ‘menace la paix civile’, les anciens policiers font une demande. ‘Il convient de réarmer [les forces de l’ordre] matériellement, moralement et juridiquement pour leur permettre de mener à bien leurs missions sans risquer leur vie à tous les coins de rue’, écrivent-ils. ‘La réponse pénale doit être adaptée de telle manière que les condamnations soient réellement exécutées et à la hauteur des forfaits commis.’

En vue d’éviter à la France de ‘basculer dans le chaos’ et de faire en sorte que ‘la peur change de camp’, ils forment ‘le vœu d’un sursaut national’. ‘La police française ne peut pas tolérer que demain les forces armées la remplacent pour éviter une guerre civile’, ajoutent-ils.

La lettre a été déclinée sous la forme d’une pétition, en ligne. Celle-ci a obtenu plus de 27.000 signatures à l’heure d’écrire ces lignes.

Le directeur de la police réagit

Face à ce courrier aux mots très forts, la Direction générale de la Police nationale (DGPN) n’a pu rester muette. Frédéric Veaux, son directeur, a répondu aux anciens policiers, lui aussi via un courrier. Une lettre consultée par Europe 1.

Le directeur général de la police rappelle aux signataires que leur statut de retraités de la police ne les ‘exonère pas de l’obligation de réserve qui s’impose à tous dans l’expression publique’. Il les invite également à prendre connaissance  des dernières mesures gouvernementales, qu’il qualifie ‘d’avancées importantes tant en terme de protection des policiers que d’équipements’. Il adopte la même position concernant la réponse pénale demandée par les ex-policiers. D’après lui, les ‘annonces récentes sont de nature à faire évoluer positivement les choses et répondre aux attentes de nos concitoyens et des policiers’.

Frédéric Veaux va aussi plus loin. La missive ‘fragilise notre institution plus qu’elle ne la renforce’, écrit-il. D’après lui, ‘la police nationale a plus que jamais besoin de confiance en elle, d’unité et de cohésion dans ses rangs, sans esprit partisan’. ‘Il me semble que nos aînés pourraient y contribuer par un discours constructif et fédérateur’, conclut-il.

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