8 partis, c’est trop: le cdH ne fera pas partie de la Vivaldi, Lachaert et Rousseau préformateurs

Conner Rousseau (sp.a)
Conner Rousseau (sp.a) – Isopix

Il était écrit que rien ne serait simple, jusqu’au bout. Mais la Vivaldi peut commencer: 7 partis ont accepté d’entamer de réelles négociations gouvernementales. Une question n’est pas encore tranchée: qui sera le formateur de cette coalition? Comprendre: qui sera le prochain Premier ministre? On passe donc par la case préformateurs. Le cdH était lui de trop.

La famille démocrate-chrétienne se sépare. Pas d’Avanti donc, mais une trois saisons et demie: une Vivaldi amputée du cdH. Ce n’était pas la volonté du CD&V, mais les liens de la famille démocrate-chrétienne ne sont pas ceux des écologistes ou des libéraux. De plus, 4 partis du sud du pays auraient fait pencher la majorité du côté francophone de manière trop importante. PS, MR et Ecolo ne voulaient pas du cdH. Aussi les démocrates-chrétiens francophones ont annoncé dès la sortie des élections vouloir faire une cure d’opposition. Voilà qui est fait à tous les niveaux de pouvoir.

Le CD&V, qui a fait monter les enchères ces derniers jours, ne pourra pas prétendre non plus au poste de Premier ministre, en tout cas pas pour le moment. On nous rapporte que les discussions pour coucher le nom d’un formateur ont duré des heures, sans pouvoir trouver d’issue favorable.

On n’était donc plus vraiment dans les discussions autour du contenu, mais bien autour du ou des postes-clés. Georges-Louis Bouchez (MR) ne veut absolument pas accorder le poste de Premier ministre à Paul Magnette (PS), pourtant à la tête du plus grand parti autour de la table. Du côté flamand, le CD&V bloque l’Open VLD et Alexander De Croo, le 2e favori.

Cela montre encore une fois la confiance qu’il peut régner dans cette coalition à l’accouchement compliqué.

Optimise et processus

Après sa rencontre avec le roi, Egbert Lachaert (Open VLD) a été nommé préformateur, en compagnie du président du sp.a, Conner Rousseau.

L’optimisme demeure, pas le choix. ‘Les gens en ont marre (…). Après l’immobilisme, nous devons aller de l’avant’. Egbert Lachaert a réaffirmé la volonté des présidents autour de la table de former un gouvernement. Il s’agit clairement d’une étape supplémentaire donc. Nous n’avons jamais été aussi proches d’avoir un gouvernement, c’est un fait. Mais le rôle de Premier ministre doit encore être arbitré. On sent aussi que tout le contenu de l’accord n’a pas encore été tranché. Il y a toutefois une méthode.

Sur l’IVG précisément, il s’agit d’un point chaud pour le CD&V. ‘Mais nous sommes d’accord sur le processus,’ a expliqué Egbert Lachaert en conférence de presse. ‘Il faut prendre son temps. Parce que si on force les choses, on n’aura pas de gouvernement (…). Le Parlement garde l’initiative (sur l’IVG). Il faut que les chefs de groupe discutent et évaluent la situation. Pour trouver ensuite un consensus’. On comprend donc que l’exécutif va laisser la main au Parlement pour les dossiers éthiques.

Lachaert tempère sur le prix élevé du CD&V pour embarquer dans un gouvernement: ‘Tous les partis ont des priorités.’ Ils pointent les mesures sociales des socialistes ou les mesures environnementales des écologistes.

Sur les questions institutionnelles, il est aussi prévu de ne pas se précipiter. On comprend là encore que tout ne sera pas fixé dans le marbre suite à la formation d’un gouvernement. Ce sera un processus de plusieurs mois, voire de plusieurs années.

Une deadline ? Sans doute le 17 septembre. ‘C’est toujours bon de se fixer une deadline rapprochée’, mais le président de l’Open VLD et tout frais préformateur ne peut toutefois apporter de garantie.

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