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‘5% des aides de la Banque mondiale sont détournés par les élites locales vers des paradis fiscaux’ : la BM finit par publier l’étude sulfureuse

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Politique

20/02/2020 | Baptiste Lambert | 3 min de lecture

Raphael Lafargue/ABACAPRESS.COM

Il aura fallu plus d’un an et la démission de la cheffe économiste pour que la Banque mondiale publie l’étude controversée. Elle montre que 5 % des aides de la Banque mondiale aux pays les plus pauvres sont détournées vers des paradis fiscaux par les élites locales. Un rapport qui aurait été volontairement dissimulé selon The Economist.

Le détournement des aides au développement par les élites des pays les plus pauvres est un secret de polichinelle. Mais quand une étude prouve sa véracité dans les chiffres, ça peut faire l’effet d’une petite bombe. Après tout, rappelons que l’aide au développement est d’abord le fruit de l’argent du contribuable des pays les plus riches.

Cette étude, elle précise donc que 5 % des aides de la Banque mondiale aux pays les plus pauvres sont détournées vers des paradis fiscaux. La plupart du temps au profit des élites locales. Quiconque s’est déjà rendu en Afrique peut mesurer les différences de train de vie entre les dirigeants et leur peuple.

Réalisée il y a plus d’un an, elle aurait été censurée par l’institution, ce qui a mené à la démission de Penny Goldberg, rapportait The Economist le 13 février dernier. Mardi, la BM, sous pression, a finalement publié le rapport.

Dedans, on peut y lire que l’argent versé aux 22 pays qui dépendent le plus de la Banque mondiale coïncidait avec des fortes hausses des dépôts bancaires vers des paradis fiscaux. Quand un pays reçoit une aide à hauteur de 1% de son PIB, ses dépôts dans les paradis fiscaux augmentent de 3,4% par rapport à un pays qui ne reçoit pas d’aide. Alors que dans le même temps, les dépôts en dehors des paradis fiscaux n’augmentent pas. Très concrètement, ces dépôts vont plutôt à Zurich qu’à Londres, New York ou Francfort.

Communication catastrophique

La Banque mondiale n’affirme toujours pas la censure, mais ne l’infirme pas non plus. Même les chercheurs ne savent pas si leur étude a véritablement été censurée, rapporte l’Opinion. Mais le fait que la démission de la cheffe économiste coïncide avec l’apparition de l’article du Economist fait grandir les soupçons.

Quoi qu’il en soit, la communication de la Banque mondiale est à tout le moins catastrophique pour des aides au développement de plus en plus controversées.

Source: The Economist


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