3 pays de l’UE figurent sur la liste noire des “passeports dorés”

Les « passeports dorés », vous connaissez ? Il s’agit de passeports ou de certificats de résidence vendus à de très riches investisseurs en échange d’investissements réalisés dans un pays étranger. Pour un « prix » allant de 100 000 dollars à plusieurs millions, les super-riches peuvent ainsi s’offrir une nouvelle nationalité.

Cette pratique, légale, sert à attirer des investisseurs étrangers. Chaque année, environ 2,5 milliards d’euros sont dépensés par les personnes qui souhaitent acquérir une nationalité leur offrant la résidence dans un autre pays.

Depuis 2014, plus de 700 personnes sont devenues citoyens de l’UE de cette manière. Il s’agit surtout de Russes, de Chinois et d’Arabes. Cependant, elle peut aussi être utilisée à des fins de fraude, d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent ou de criminalité organisée, ou encore pour échapper à des sanctions internationales.

C’est cette utilisation frauduleuse que dénonce aujourd’hui l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a publié cette semaine la liste des pays dont les programmes « d’obtention de la résidence ou de la nationalité par l’investissement » présentent le plus de risques d’être détournés.

Selon Transparency International, plus de 100 000 permis de résidence ont été délivrés au cours des dix dernières années sur la base de « contrats sombres et mystérieux ».

3 pays de l’UE figurent sur la liste noire

Parmi les pays épinglés, on retrouve beaucoup d’îles caribéennes (notamment Antigua-et-Barbuda, les Bahamas, la Dominique, la Grenade, Sainte-Lucie et Saint-Kitts-et-Nevis, qui a vendu plus de 16 000 passeports au cours des 10 dernières années), les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn, le Qatar, la Colombie et la Malaisie, ainsi que trois pays européens : Monaco, Chypre et Malte. Ces derniers faisant partie de l’Union Européenne, leurs passeports peuvent être vendus très chers. Pour un passeport maltais, par exemple, il vous en coûtera un million d’euros.

S’offrir une nouvelle nationalité et échapper au fisc de son pays d’origine en brouillant les pistes, voilà qui pourrait bien compliquer l’efficacité de l’échange automatique des informations bancaires, la nouvelle arme antifraude en cours de déploiement au niveau mondial.