3 Belges sur 10 achètent de l’eau et boissons non alcoolisées à l’étranger

Près de trois Belges sur 10 (28%) achètent de temps en temps de l’eau ou des boissons rafraîchissantes à l’étranger, plus d’un sur 10 (11,6%) faisant spécialement le déplacement pour réaliser ces achats, ressort-il d’une enquête réalisée par la Fédération royale des industries des eaux et des boissons rafraîchissantes (FIEB). Cette dernière attribue ce phénomène à la fiscalité élevée qui pèse sur les boissons en Belgique.

Selon cette enquête menée en septembre auprès de 1.000 Belges, la principale raison invoquée par trois quart des sondés (74,7%) pour justifier l’achat de boissons par-delà la frontière est la différence de prix. Neuf Belges sur 10 (86%) qui achètent de l’eau ou des boissons rafraîchissantes à l’étranger affirment d’ailleurs qu’ils les achèteraient plus souvent en Belgique si les prix y baissaient. Pour une minorité (20,6%), la motivation est l’achat de boissons qui ne sont pas disponibles en Belgique.

« Les boissons non alcoolisées sont lourdement taxées en Belgique. Elles sont soumises à la TVA et à la cotisation sur les emballages. Pour les boissons rafraîchissantes, il faut encore y ajouter ladite taxe ‘santé' », rappelle la FIEB, qui souligne que depuis 2015, « les taxes sur les boissons rafraîchissantes ont plus que triplé ».

Alors qu’une part importante des Belges habitent à moins de 50 km d’une frontière, les achats transfrontaliers ont augmenté de 6,2% l’an dernier par rapport à 2018. Selon la FIEB, les Belges ont acheté pour 98 millions d’euros de boissons à l’étranger, ce qui correspond à 175 millions de litres, contre 165 millions de litres pour 91 millions d’euros en 2018.

France, Pays-Bas, Luxembourg

C’est principalement en France que se rendent les Belges qui achètent leurs boissons non-alcoolisées à l’étranger (55%), devant les Pays-Bas (18%), l’Allemagne et le Luxembourg. Cette année, la première vague du coronavirus et la fermeture des frontières ont entraîné une baisse temporaire des achats transfrontaliers par rapport à 2019. Mais avec la réouverture des frontières, ces achats ont à nouveau augmenté.

« Il n’y a pas de raison de tourner autour du pot: les entreprises du secteur subiront cette année une baisse de leur chiffre d’affaires d’au moins 20% à cause de la crise du coronavirus. Si, en plus, elle se voient confrontées à une perte de revenus à la suite des achats transfrontaliers, ça commence à faire beaucoup », se désole l’organisation sectorielle, qui demande au gouvernement fédéral de mettre en place une réforme de la fiscalité « afin de préserver la compétitivité de nos entreprises et donc également l’emploi »