‘Les entreprises belges semblent plus confiantes que leurs voisines européennes’

Les recrutements en Belgique n’ont jamais été aussi bas depuis 17 ans, d’après un baromètre publié par le cabinet de recrutement Manpower. La crise sanitaire est passée par là. Pour autant, les employeurs belges sont parmi les plus optimistes. L’avis de Philippe Lacroix, managing director de Manpower.

La tendance à la baisse est mondiale. Chez nous, au cours du prochain trimestre, 16% des entreprises envisagent de diminuer leurs effectifs, 11% vont embaucher. La majorité, 60%, va conserver ses travailleurs. Au final, la prévision nette d’emploi est de -5%, ‘la première valeur négative depuis le lancement de l’enquête en Belgique en 2003’ détaille le baromètre.

Philippe Lacroix, managing director de Manpower group Benelux, souligne que certains secteurs s’en sortent plutôt bien, comme  ‘la construction’, ‘l’industrie manufacturière, le secteur informatique et la logistique B2C, c’est-à-dire toutes les entreprises de logistique qui s’adressent aux besoins des particuliers’. En revanche, le contexte s’avère beaucoup plus critique pour ‘le secteur des services’, ‘le commerce de gros et de détail et bien sûr, le secteur Horeca, qui a été peut-être le secteur le plus touché’.

Différences entre les secteurs mais aussi entre les régions. C’est la Flandre qui paie le plus lourd tribut, les intentions de recrutement y reculent de 7%, contre 1% à Bruxelles. À l’inverse de la tendance dominante, la Wallonie reste dans le vert, les intentions de recrutement augmentant de 3%.

Retour à la normale en 2022 ou 2023

‘Il faudra à peu près un an pour que 70% des entreprises reviennent au même niveau qu’avant la crise’, explique Philippe Lacroix. Le baromètre montre  ‘qu’on devra attendre le courant de 2022, peut être même 2023’ pour ‘que tout le tissu économique soit au même niveau qu’avant la pandémie’.

Malgré la crise, les entreprises belges semblent garder davantage confiance que leurs voisines européennes ‘en termes de perspectives d’emplois pour le futur’. Philippe Lacroix y voit deux facteurs. ‘D’abord, on est une économie très ouverte et je pense que du fait de notre tissu économique, on est un pays très réactif au niveau des PME notamment.. (…). Ensuite, il ne faut pas sous-estimer non plus les mesures prises les gouvernements, qui ont aidé à garder quand même une certaine confiance dans le futur’.

Dans ses prévisions, le Bureau du Plan envisage la plus forte contraction depuis la Seconde guerre mondiale pour l’économie belge, -10,6% de PIB en 2020.

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