Une organisation de droits britannique réclame des millions pour la musique sur Steam


Principaux renseignements

  • L’organisation britannique PRS for Music poursuit Valve en justice, affirmant que la plateforme ne paie aucune licence musicale depuis vingt ans.
  • Contrairement à Microsoft ou Sony, Valve refuserait de rémunérer les auteurs et compositeurs pour les morceaux présents dans les jeux distribués sur Steam.
  • La pression judiciaire sur Valve atteint un sommet historique, l’entreprise faisant face à des plaintes simultanées pour abus de position dominante et promotion de jeux d’argent auprès des mineurs.

La bataille juridique entourant Valve Corporation, propriétaire de la boutique de jeux PC Steam, prend de l’ampleur. PRS for Music, l’organisme britannique de gestion des droits d’auteur, a lancé une procédure officielle contre le géant technologique américain. L’organisation soutient que Valve n’a jamais souscrit aux licences nécessaires pour le répertoire musical qu’elle gère depuis le lancement de Steam en 2003. Selon GamesIndustry.biz, ce litige concerne la musique intégrée dans des jeux édités par des tiers mais distribués via la plateforme.

La législation britannique sur le droit d’auteur accule Steam

Le Royaume-Uni applique un modèle de licence spécifique pour les médias numériques. Si les développeurs paient pour inclure un morceau dans un jeu, le distributeur ou la boutique en ligne doit également posséder une licence pour la diffusion via téléchargement. PRS for Music souligne que des concurrents comme le Xbox Store et le PlayStation Store utilisent correctement cette « General Entertainment Online Licence », tout comme les services de streaming Prime Video ou Disney+.

La plainte cible des franchises majeures telles que Grand Theft Auto, EA Sports FC et Forza Horizon. Bien que Valve n’ait pas développé ces titres, la loi britannique tient la plateforme responsable des redevances dès qu’un consommateur télécharge le contenu. PRS exige que Valve règle ces licences avec effet rétroactif. L’organisation précise qu’elle ne mettra fin aux poursuites que si Valve accepte d’engager des discussions constructives et de mettre en place des paiements structurels.

Une pression judiciaire sur plusieurs fronts

Cette procédure est le troisième revers juridique majeur pour Valve en peu de temps. Début 2026, le Competition Appeal Tribunal (CAT) britannique a validé une action de groupe de 656 millions de livres pour abus de position dominante. Par ailleurs, l’État de New York a récemment attaqué l’entreprise pour avoir facilité des pratiques de jeux d’argent illégales via les « skins » dans des titres comme Counter-Strike 2.

La fermeté de PRS for Music n’est pas nouvelle ; l’organisme est réputé pour sa défense stricte des droits, même auprès des petits indépendants. En s’attaquant à Valve, elle vise désormais le plus gros acteur de l’industrie du jeu PC. Une condamnation pourrait peser durablement sur les marges bénéficiaires des ventes numériques au Royaume-Uni et créer un précédent pour d’autres marchés européens.(fc)

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