Une campagne pro-russe cible une ville estonienne avec de la propagande séparatiste


Principaux renseignements

  • Les campagnes en ligne pro-russes visent à diviser l’Estonie en promouvant une « République populaire de Narva » fictive.
  • Cette campagne utilise la propagande, des images fabriquées de toutes pièces et des tactiques alarmistes pour semer la discorde parmi les citoyens estoniens.
  • Les experts soulignent la nécessité cruciale de dénoncer et de contrer cet effort de désinformation afin d’empêcher une fracture plus profonde de la société estonienne.

Des campagnes en ligne pro-russes ciblent la ville estonienne de Narva, en tentant de la présenter comme une « République populaire » distincte. Cette campagne consiste à diffuser de la propagande, incitant parfois à la violence et au sabotage.

Imitation des mouvements séparatistes

Les images utilisées reflètent celles observées dans les mouvements séparatistes pro-russes en Ukraine orientale et en Crimée occupée par la Russie. Les réseaux sociaux sont inondés de contenus promouvant une soi-disant « République populaire de Narva », avec des drapeaux, des emblèmes et des frontières inventés de toutes pièces.

Cette initiative semble s’inscrire dans une stratégie russe plus large visant à diviser l’Estonie en exploitant l’importante population russophone du pays, concentrée dans le nord-est. La 45e brigade de chars de combat allemande, stationnée près de la frontière lituanienne avec la Biélorussie, se tient prête à servir de force de dissuasion au sein du flanc est de l’OTAN.

Une défense prête

Bien qu’officiellement déployée en Lituanie, la brigade pourrait être appelée à renforcer l’Estonie en cas d’escalade du conflit. Les experts militaires mettent en garde contre le fait de sous-estimer cette campagne, qu’ils considèrent comme faisant partie d’une stratégie plus large de guerre psychologique menée par la Russie. Ils le déclarent à Euronews.

Les chaînes Telegram pro-russes mêlent humour, propagande et scénarios inventés destinés à susciter la peur et l’angoisse au sein de la population estonienne. On peut citer, par exemple, de fausses « routines quotidiennes » d’une « milice de Narva » fictive, détaillant la prétendue prise de villes estoniennes voisines.

Lutte contre la désinformation

Bien qu’il n’y ait pas de menace militaire immédiate, les experts soulignent la nécessité de dénoncer et de contrer ce type de campagne de désinformation. L’OTAN a mis en place des plans d’urgence au cas où les tensions s’intensifieraient, mais les détails spécifiques restent classifiés.

Troisième ville d’Estonie, Narva est située directement à la frontière avec la Russie et compte une population majoritairement russophone. Bien que de nombreux habitants nient se sentir discriminés, les médias proches du Kremlin s’efforcent depuis longtemps de les présenter comme des victimes.

Échos de tactiques passées

Cette tactique s’inscrit dans la lignée des campagnes précédentes menées par la Russie tant en Estonie que dans d’autres pays. L’objectif est de semer la discorde et d’affaiblir la cohésion sociale. La proclamation d’une « République populaire » fait écho à des tactiques similaires utilisées par la Russie dans l’est de l’Ukraine en 2014, où des séparatistes pro-russes avaient déclaré des républiques autoproclamées.

Ce type de message jette les bases de futures allégations d’oppression et d’appels à la « protection » de Moscou. Les experts avertissent qu’il faut lutter activement contre cette propagande, démanteler les réseaux d’influence et expulser les agents des services de renseignement russes. (fc)

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