Un tribunal néerlandais saisit le siège de l’Institut Cervantes pour cause de dettes impayées


Principaux renseignements

  • Un tribunal néerlandais saisit l’Institut Cervantès d’Utrecht pour contraindre l’Espagne à payer sa dette aux investisseurs en énergie lésés.
  • L’Espagne risque de perdre ce centre culturel d’une valeur de dix millions d’euros en raison de son refus d’exécuter des sentences arbitrales internationales.
  • Cette saisie met à mal la revendication d’immunité souveraine de l’Espagne, les créanciers contestant la protection de l’immeuble en tant qu’institution culturelle.

Le tribunal néerlandais a saisi le siège de l’Institut Cervantes à Utrecht. Cette mesure fait suite à des créances impayées résultant de la modification de la politique espagnole en matière d’énergies renouvelables en 2013. Cette saisie constitue une mesure conservatoire en réponse à des sentences arbitrales internationales rendues en faveur de divers fonds d’investisseurs ayant subi des pertes suite à la réduction rétroactive des primes aux énergies renouvelables par le gouvernement espagnol.

Recours juridiques pour les investisseurs

Des documents judiciaires indiquent que le tribunal vendra les locaux de l’Institut espagnol pour l’émigration si l’Espagne ne verse pas les dommages-intérêts. Ce bâtiment a une valeur d’environ dix millions d’euros. Malgré une notification officielle datée du 20 avril, l’Espagne n’a encore effectué aucun paiement. C’est la réforme énergétique menée sous le gouvernement de Mariano Rajoy qui est à l’origine de ce conflit.

Ce conflit trouve son origine dans une réforme énergétique mise en œuvre sous le gouvernement de Mariano Rajoy, qui a réduit rétroactivement les paiements destinés aux installations d’énergie renouvelable. Cette décision a déclenché de nombreuses poursuites contre l’Espagne devant des tribunaux d’arbitrage internationaux, principalement le CIRDI, un organisme relevant de la Banque mondiale. Alors que les demandes initiales dépassaient les 10 milliards d’euros, le gouvernement espagnol affirme avoir réussi à réduire ce montant de 85 pour cent grâce à des décisions judiciaires et des accords à l’amiable.

Centre culturel en péril

Le bâtiment saisi abrite un centre culturel espagnol de premier plan à Utrecht. Situé en face de la cathédrale et de la tour Dom, l’Institut Cervantes occupe une église de 1913 rénovée, acquise par l’État espagnol en 1972. L’institution dispose de salles de classe, d’une salle de réunion et d’une bibliothèque spécialisée. Elle possède également une « antenne » à Amsterdam.

Les créanciers font valoir que le bien n’est pas protégé par l’immunité souveraine car il fonctionne comme une institution culturelle. Cela complique la défense juridique de l’Espagne alors que le litige concernant les dettes impayées avec le secteur des énergies renouvelables se poursuit.

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