Un nouveau printemps arabe fermente au Moyen-Orient

Au Moyen-Orient, une série de facteurs semblent indiquer que nous nous dirigeons vers un nouveau Printemps arabe. Les pays qui seraient les plus susceptibles d’en être affectés sont précisément ceux qui ot connu les soulèvement du printemps 2011.

Près de 30 % des jeunes Moyen-Orientaux de 15 à 24 ans sont au chômage. La région bénéficie également de l’un des plus forts taux de croissance de la population jeune. Mais depuis 2011, les gouvernements désargentés n’ont pas réellement mené de réformes de fond. En conséquence, les sentiments d’injustice et de désillusion perdurent. Beaucoup d’Arabes estiment que leur qualité de vie s’est dégradée depuis 2011. Une nouvelle éruption semble inévitable.

Des troubles ont déjà éclaté

Des troubles sont déjà apparus dans certains pays. En décembre dernier, l’Iran a connu ses plus grandes manifestations antirégime depuis une décennie. En Algérie et en Jordanie, des manifestations plus modestes ont eu lieu cette année, suite à des augmentations de prix de la nourriture et à des réductions de dépenses publiques.

Des gouvernements obligés de réduire la voilure

Après des années de crise économique, et des mois de cours du pétrole en berne, les gouvernements des pays moyen-orientaux sont confrontés à de gros déficits budgétaires, qui les obligent à emprunter sur les marchés internationaux, et à baisser les dépenses publiques. Ces emprunts annoncent des temps plus difficiles pour les citoyens déjà confrontés à la hausse des prix de la nourriture. En Égypte, par exemple, l’inflation atteint 30 %. Beaucoup réduisent également le nombre de fonctionnaires, dont les salaires absorbent près d’un tiers du budget étatique.

Souvent, le secteur privé de ces nations est également trop faible pour absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail, alors que ces derniers, de plus en plus diplômés, ont des attentes croissantes. De même, les investissements étrangers demeurent trop rares et fréquemment, les capitaux domestiques sont placés sur des actifs très sûrs mais non créateurs d’emplois, comme l’immobilier.

Peu de perspectives pour les jeunes

En conséquence, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail n’ont que peu de perspectives. Alors que jusqu’au début des années 1980, 70 % des diplômés du secondaire pouvaient décrocher un emploi de fonctionnaire, cette proportion est tombée à 25 %. De plus, la chance d’obtenir un emploi dans le secteur privé ne dépasse pas 15 %. Les jeunes sont donc de plus en plus frustrés. Or, 27 millions de personnes doivent entrer sur le marché du travail arabe au cours des 5 prochaines années.

L’oppression comme seule réponse

Certains pays pratiquent la répression pour tuer dans l’œuf toute velléité de contestation. C’est le cas de l’Égypte, mais aussi de l’Arabie Saoudite. Mais dans un tel contexte, la répression ne sera pas tenable à long terme. « C’est la classe moyenne, ou ceux qui aspiraient à faire partie de la classe moyenne, qui sont les plus mécontents, parce que c’était avec eux que le contrat social était conclu », explique Ragui Assaad, un professeur égyptien de planification et d’affaires publiques de l’université du Minnesota. C’est aussi l’avis de Marwan Muasher, ex-ministre jordanien des Affaires étrangères, et vice-président du Carnegie Endowment for International Peace :

« Vous ne pouvez pas avoir ces systèmes autocratiques, que ce soit en Arabie Saoudite, en Égypte, en Iran ou ailleurs, et espérer que tout va bien se passer sur le plan économique. Personne ne parle de mener une réforme complète ou d’introduire la démocratie intégrale du jour au lendemain, mais si vous demandez plus de sacrifices aux gens, vous devez laisser des voix politiques s’exprimer ».

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