Trump attend une annonce de Poutine et du prince héritier saoudien pour une réduction de la production de pétrole

Le président américain Donald Trump a déclaré à CNBC s’être entretenu avec le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, qui aurait lui-même parlé avec le président russe Vladmir Poutine. Il s’attend désormais à ce que la Russie et ben Salmane annoncent un accord sur une réduction de 10 millions de barils.

La réduction pourrait toutefois atteindre les 15 millions de barils. Trump a ensuite déclaré sur Twitter qu’une réduction de la production serait ‘excellente pour l’industrie du pétrole et du gaz !’

De son côté, l’Arabie saoudite a appelé jeudi à une réunion ‘urgente’ de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d’autres pays, dont la Russie, afin de parvenir à un ‘accord équitable qui rétablira l’équilibre des marchés pétroliers’. ‘Cet appel intervient à la demande du président des Etats-Unis Donald Trump’, selon l’agence officielle saoudienne SPA. Le Kremlin a toutefois démenti l’information, assurant que Vladimir Poutine n’avait pas parlé au prince héritier saoudien.

En réaction à cette annonce, le brut West Texas Intermediate (WTI) a bondi de plus de 30 % pour s’échanger à 25,36 dollars le baril, ce qui le met sur la voie de son meilleur jour. La référence internationale, le Brent, a fait un bond de 24 %.

Le WTI est toutefois toujours en baisse de plus de 40 % par rapport au mois dernier, les prix du pétrole ayant impacté à la fois l’offre et la demande. Lundi, ils dégringolaient à leur plus bas niveau depuis 17 ans, suivant la chute des autres marchés financiers et une aggravation de la crise de coronavirus.

Les marchés du pétrole chutaient depuis des semaines alors que les gouvernements à travers le monde imposent des restrictions de voyage et des mesures de confinements pour parer à la propagation du virus.

Les principaux producteurs dont l’Arabie saoudite et la Russie s’affrontent eux dans une guerre des prix qui a entraîné une augmentation des réserves ce qui a pousse les prix vers le bas. En mars, l’Arabie Saoudite, leader de facto de l’OPEP, a recommandé de réduire la production de 1,5 million de barils par jour, car la pandémie a ralenti la demande. Mais la Russie, alliée de l’OPEP, a rejeté cette proposition, déclenchant la guerre des prix entre les deux pays.

Première faillite

Cette guerre des prix du pétrole a conduit à la première grande faillite dans le secteur. Aux États-Unis, le groupe pétrolier Whiting Petroleum Corporation (à Denver) a demandé à être protégé contre ses créanciers. Il est toutefois à craindre que ce ne soit pas la seule entreprise à faire faillite.

‘La guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie a eu un impact considérable’, déclare le magazine Forbes. ‘L’Arabie Saoudite et la Russie ont toutes deux mis sur le marché des stocks massifs de pétrole. Il en résulte une offre excédentaire. […] De nombreux producteurs craignent que pendant une grande partie du reste de l’année, les prix devront se situer entre 10 et 20 dollars le baril. C’est un niveau auquel de nombreux producteurs ne pourront pas survivre pendant une longue période.’

‘Compte tenu de ces circonstances défavorables, la restructuration financière est le meilleur choix pour garantir l’avenir de l’entreprise’, souligne pour sa part la société. En attendant, Whiting affirme qu’il continuera à remplir ses obligations commerciales et financières.

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