Selon les experts : « Le monde est entré dans une nouvelle ère d’incertitude nucléaire »


Principaux renseignements

  • Les États autoritaires se lancent dans une course effrénée à l’armement nucléaire, ce qui entraîne des niveaux de risque et d’instabilité sans précédent.
  • Le recours de la Russie à des menaces nucléaires offensives dans le cadre de la guerre en Ukraine a affaibli les stratégies de dissuasion traditionnelles.
  • L’effondrement des traités de contrôle des armements et la modernisation des arsenaux annoncent une nouvelle ère dangereuse de prolifération nucléaire.

Le monde est entré dans une nouvelle ère d’incertitude nucléaire, caractérisée par l’instabilité et l’érosion des stratégies de dissuasion traditionnelles. Ce changement marque une rupture avec la période de désarmement qui a suivi la guerre froide. C’est ce que rapporte Le Monde.

Des ambitions nucléaires grandissantes

Depuis le début du millénaire, des États autoritaires comme l’Iran, la Corée du Nord et la Chine ont poursuivi avec acharnement leurs ambitions nucléaires, entraînant un niveau de risque sans précédent. La guerre en Ukraine illustre encore davantage cette instabilité. Le recours de la Russie à la « dissuasion offensive » a remis fondamentalement en cause le concept initial de dissuasion comme moyen d’éviter la guerre.

Malgré les tentatives de la Russie de mener une politique de la corde raide nucléaire, notamment en lançant des missiles à double usage près des frontières de l’OTAN, sa capacité de dissuasion nucléaire a été considérablement affaiblie par les frappes ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe. Ces attaques ont visé des infrastructures critiques, notamment des bases aériennes et des systèmes de radar d’alerte précoce.

Modernisation des arsenaux

En réponse à ce contexte de menace accrue, les nations dotées de l’arme nucléaire déploient des efforts considérables pour moderniser leurs arsenaux et réaffirmer la dissuasion nucléaire. Cela implique des investissements financiers massifs dans de nouveaux systèmes d’armes et de nouvelles technologies. La France, par exemple, consacre 13 pour cent de son budget de défense à la dissuasion nucléaire, tandis que les États-Unis y allouent près de 95 milliards de dollars (80,5 milliards d’euros) par an.

La disparition des traités de contrôle des armements de l’après-guerre froide exacerbe encore ces préoccupations. Le retrait des États-Unis du traité ABM en 2002 et du traité FNI en 2019, suivi de l’expiration du nouveau traité START en 2026, a supprimé des limites cruciales sur les arsenaux nucléaires.

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