Toyota ne foncera pas tête baissée dans le tout à l’électrique

Alors qu’elle lancera son tout premier modèle 100% électrique à batterie (BEV) en 2022, Toyata continuera à se démarquer de la concurrence. Pas question de foncer tête baissée dans le 100% électrique. Le constructeur japonais mise toujours sur l’hybride, et confirme pour l’hydrogène.

La première marque de fabrique de Toyota ? Ses ventes, la société a écoulé 9,53 millions d’unités en 2020, détrônant le groupe Volkswagen pour la première fois depuis 2015. À titre de comparaison, Tesla, le constructeur à la plus haute valeur financière, a vendu 500.000 modèles durant la même période. Toyota estime que pour avoir un réel impact environnemental positif, il faut vendre un grand volume de voitures.

La deuxième marque de fabrique de Toyota, c’est de proposer des voitures généralement petites et pas chères. Ce qui met inévitablement un frein à son électrification complète, qui prend de la place et coûte de l’argent. Cela a deux grandes conséquences: le groupe n’est pas pressé de passer au 100% électrique et ne fait pas de l’autonomie électrique une priorité.

Ce qui illustre sans doute le mieux cette approche est bZ4X, qui est le tout premier modèle électrique à batterie de la gamme Toyota. Elle offrira entre 350 et 400 kilomètres d’autonomie, ce qui est loin des champions de la discipline. Logique: plus il faut d’autonomie, plus la batterie est grosse, plus elle est chère. Le véhicule, hors primes, démarrera à 40.000 euros.

Priorité à l’hybride

En Europe, Toyota ne compte pas céder aux sirènes du 100% électrique avant 2035, date d’interdiction des véhicules thermiques sur le Vieux continent. En attendant, le constructeur japonais continuera de miser sur l’hybride (HEV) qui a fait son succès jusqu’ici.

Le directeur de la technologie de Toyota, Masahiko Maeda, explique que son entreprise mise et teste les batteries à semi-conducteurs solides (moins de matériaux chers et rares). Leur principal obstacle pour le moment est leur durée de vie. Mais l’intention de Toyota est d’utiliser cette technologie sur sa gamme HEV.

« Grâce aux HEV, qui ont des batteries plus petites et un processus de développement avec lequel Toyota est familier, cela permettrait aux batteries à semi-conducteurs d’être introduites sur le marché plus rapidement, ainsi que d’améliorer la technologie de fabrication », explique le Japonais. A plus long terme, Toyota compte investir plus de 10 milliards d’euros d’ici 2030 en introduisant 70 nouvelles lignes de production de batteries. Le géant de l’automobile ne mise pas que sur les batteries à lithium-ion, mais aussi sur la batterie bipolaire NiMh (Nickel Metal Hydrure).

Mais pour l’heure, « selon nos calculs, l’effet de réduction de CO2 de trois HEV est presque égal à celui d’un BEV », argumente Maeda. « Donc, parce que nous pouvons fournir des VEH à un prix relativement abordable, dans des endroits où l’utilisation d’énergies renouvelables n’est pas encore abondante pour le moment, l’électrification à l’aide de VEH fait toujours partie des moyens efficaces de réduire les émissions de CO2. »

Même en Europe, au 3e trimestre, les ventes d’hybrides ont dépassé les ventes de diésel, ce qui est une première. Les ventes de Toyota progressent d’année en année, atteignant les 6,3% de parts de marchés en 2021.

Hydrogène

L’autre cheval de bataille de Toyota, c’est l’hydrogène. Soit une stratégie complètement opposée à celle de Volkswagen. Son CEO, Herbert Diess, ne croît pas du tout en l’hydrogène: « C’est une perte de temps et cette technologie ne répond pas du tout aux défis climatiques », avait-il indiqué en mai dernier.

Toyota au contraire jette son dévolu sur cette technologie pour atteindre la neutralité carbone en 2035. L’entreprise met régulièrement en avant ses prouesses techniques dans ce domaine. Mi-octobre, la Toyota Mirai équipée d’une batterie à hydrogène a battu le record du monde avec 1.360 km parcourus. Le temps de recharge au départ n’a été que de 5 minutes. La voiture aura consommé 5,65 kg d’hydrogène et n’aura rejeté que de l’eau. À titre de comparaison, un véhicule à combustion interne standard aurait émis environ 300 kg de CO2 sur le même parcours.

Bonne nouvelle pour la Belgique, Toyota Europe veut implanter à Zaventem sa production de batteries à hydrogène. Il ne s’agit néanmoins pour le moment que d’une expérience pilote.

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